À ma sœur, mon amie

Mireille, ma sœur, a la COVID.

LETTRE OUVERTE /

La nouvelle est tombée comme un mensonge, une histoire du Bonhomme Sept Heures ou de loup-garou.

Voyons donc, c’est juste à la télévision que ça arrive!

Eh bien non, ma sœur a la COVID. Elle est allée voir maman au CHSLD, une préposée était infectée et Mireille l’a chopée comme ça pour rien juste parce qu’elle était là au mauvais moment.

Mireille a de l’instinct et est très connectée à son corps. Elle avait l’impression que… qu’elle… qu’il y avait quelque chose d’inhabituel en elle. Un rien pas comme d’habitude alors le jeudi elle est allée passer le test de détection de la COVID. Elle me téléphone, « c’est négatif ! » Je ne suis pas étonnée, elle fait très attention. Mais un doute dans son esprit restait collé comme la bactérie qui s’accroche au poumon et peut se multiplier jusqu’à provoquer la mort. Un pressentiment, ce je ne sais quoi qui  lui disait que quelque chose ne tournait pas rond, que la COVID frappe au hasard. Qu’il n’y a pas de justice qui tienne. La COVID échappe aux lois.

Le vendredi elle retourne passer un test. Dans la nuit de dimanche, elle est très malade. Elle a des maux de tête à se frapper la tête sur le mur. Son mari lui donne des médicaments tentant de la soulager mais rien n’y fait. Soudain, il la voit descendre, elle n’est plus là. Ses yeux sont vides et elle n’arrive plus à parler. Elle fait une syncope. C’est-à-dire que le temps de quelques minutes, le sang n’arrive plus au cerveau. Son mari ne fait ni une ni deux et téléphone aux ambulanciers. Quand ils arrivent, elle reprend à peine ses esprits. Ils la transportent d’urgence à l’hôpital où elle passe des tests.

24 heures plus tard, l’hôpital la retourne chez elle. Elle souffre d’une immense fatigue mais peut se reposer chez elle. Son mari a aussi la COVID mais heureusement il est asymptomatique. Pendant 10 jours, elle dort. Parfois, l’espace d’une heure elle se lève et s’assoit au salon. De jour en jour, elle faiblit au point de ne pouvoir marcher seule. Vers le 10e jour, l’essoufflement se met de la partie. Elle n’arrive plus à monter même quelques marches. Puis, elle a mal à la jambe et au pied gauche, tellement qu’elle croit avoir le pied cassé. Une fois de plus, son mari appelle l’ambulance. Cette fois, c’est encore plus sérieux. Elle a de petits caillots de sang dans les poumons et la jambe. Depuis trois jours, elle est sous respirateur, car son taux d’oxygénation qui devrait être à 92% tombe à 44% dès qu’on lui enlève le respirateur. Le médecin parle de la plonger dans un coma artificiel pour l’intuber. C’est-à-dire qu’elle recevra grâce au tube, l’oxygène dont elle a besoin et un médicament dans les poumons.

Ma grande sœur va quitter la réalité.

Où sera-t-elle ? Souffrira-t-elle ?

Note: LE ZigZag a pour mission d’offrir, notamment, une plateforme aux citoyens pour s’exprimer. Le choix de publier intégralement les lettres ouvertes des chroniqueurs du journal LE ZigZag est conforme à sa mission.

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