Un autre article sur l’éco-anxiété…

Je sais pas pour vous, alors je vais parler pour moi. Je suis certaine que je souffre d’éco-anxiété. Full pine et à l’os. Je ne vous ferai pas la liste de tous mes symptômes et de tout ce qui les déclenche. Non seulement j’ai eu longtemps du mal à gérer cette anxiété, mais il m’arrive encore des jours où OUF… J’ai mal à ma Terre, dans toutes les cellules de mon corps.

Par-dessus ma propre douleur, j’ai souvent bien du mal à gérer celle des autres. Je me fais renoter régulièrement des choses que je pourrais faire de mieux. Je suis incapable de me passer de papiers mouchoir, de papier de toilette ou d’essuie-tout. Je mange de la viande et des avocats. J’utilise un cellulaire avec des composantes minérales issues de l’exploitation d’êtres humains ailleurs dans le monde. Bref… quand je me fais critiquer pour un geste non écoresponsable, je tombe dans le piège de me justifier avec tout ce que je fais pour aider la Terre, du mieux que je peux.  

Je me défends aussi en regardant ce qui se fait de pire, question de me sentir meilleure. Comme par hasard, au moment même où j’écris ces lignes, y a une gang de pas conscients qui coursent en skidoos dans le chemin. Qui aiment le bruit qu’ils font. Qui aiment l’odeur du gaz et les machines à moteur. Qui aiment le trip, la vitesse, le sentiment de puissance. Qui s’en foutent totalement de la pollution sonore ou du respect du vivant ou du réchauffement climatique. Qui te disent d’endurer et de fermer ta yeule, parce qu’ils font vivre le tourisme régional.

Pendant que moi je capote dans l’hyperconscience de tous les gestes polluants de mon propre quotidien, la planète au complet étouffe dans les cochonneries de plastique made in China. Pendant que je plante un arbre, y en a des millions qui sont coupés, à chaque heure qui passe… Y a des pays qui vident leurs camions de vidange à même leurs rivières et qui n’ont plus d’eau potable. Je pense à ça souvent, en faisant mes besoins dans de l’eau potable, avant de la flusher…

Quand je regarde autour, je fais quoi comme différence? Elle est là, mon éco-anxiété. Dans ce sentiment d’impuissance face à la bêtise humaine.

Dans mon désir de faire de mon mieux, mais de me sentir mal de tout ce que je ne peux pas faire. Dans mon pattern de ne jamais être assez, et de laisser le pouvoir à l’autre de me dire qu’effectivement, je pourrais faire/être/paraitre/agir mieux.

Je sais pas comment vous faites, alors je vais parler pour moi. Qu’est-ce que je fais pour gérer cette anxiété, pour passer à travers la douleur et le découragement, pour retrouver ma paix intérieure, pour sentir que je fais une différence positive? La première des premières choses : je fais de mon mieux.

Qu’est-ce qui est le mieux ? Acheter local des fraises aux pesticides ou acheter bio des fraises du Mexique?  Manger végan full glucides ou manger céto sans glucides?  C’est quoi le moins pire? Les chars à batteries polluantes ou les chars polluants au pétrole? Qu’est-ce qui fait du sens? Ne pas faire d’enfants, pour ne pas procréer un futur consommateur pollueur? Ou faire des enfants, dans l’espoir de les élever en conscience de la Terre?

Pour absolument tous les gestes qu’on pose, on peut se poser des questions. C’est infini.

De toute façon, peu importe ce qu’on choisit de faire, il y en aura toujours qui auront à redire. Encore une fois, aussi bien faire de son mieux. Ce serait bien de s’encourager, se féliciter et se montrer nos trucs. Partager nos réussites et prendre plaisir à faire sa part.

Dans ma gestion de l’éco-anxiété, j’apprends aussi à accepter le mieux de l’Autre. De la même façon que je n’aime pas être pointée du doigt, je ne devrais pas, moi-même, imposer mes idées, porter jugement ou critiquer les façons de faire de l’Autre. Surtout s’il fait vraiment de son mieux. Et même s’il pourrait faire mieux. Chaque personne a ses propres valeurs, ses priorités, ses motivations, ses limites et ses besoins en matière de responsabilité environnementale.

Je sais pas ce que vous en pensez. Alors je vais parler pour moi. J’ai compris que ce n’est pas en sombrant dans le découragement que je pourrai apporter ma Lumière au monde. Ce n’est pas en blâmant, en essayant de faire sentir coupable, en chialant, en critiquant, en rageant, en insultant ou en essayant de convertir que je parviendrai à influencer positivement mon prochain. C’est simplement en montrant l’exemple, avec les petits et grands gestes que j’arrive à faire, en paix avec mon Coeur, en faisant de mon mieux.

Dans la bienveillance envers moi-même, envers mon prochain et envers la Terre.

Aho.

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