Effet placebo: un effet thérapeutique valide?

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Les mots «placebo» et « effet placebo » tels que nous les comprenons aujourd’hui, sont utilisés à tout escient pour discréditer tout effet thérapeutique découlant d’une approche n’ayant pas reçu le sceau (avec un grand « S ») du monde scientifique! Pour la majorité, ces termes définissent les effets bénéfiques constatés après l’administration d’un placebo, substance dépourvue d’activité pharmacologique, comme remplacement d’un vrai médicament.

Mais saviez-vous que ça n’a pas toujours été le cas? En fait, cette association date du début du XXIe siècle, alors que la médecine l’employa dans les études en double insu* afin d’éprouver l’efficacité d’un traitement ou d’une substance en administrant une autre substance à un des groupes au lieu du traitement étudié. C’est cette autre substance qu’on appelle placebo. Toutefois, on l’a attribué faussement et uniquement aux substances neutres (vides) quand, en réalité, les placebos sont soit des substances médicamenteuses, soit des substances neutres. Il s’agit de l’erreur la plus récente de maints quiproquos concernant l’histoire du placebo! Jadis, lors de la traduction de la Bible latine, la première origine du terme placebo fut utilisée à tort comme remplacement d’« Ambulado coram Domino» qui signifiait «Je marcherai devant le Seigneur », puis par «Placebo Domino» signifiant «Je plairai au Seigneur». Dès lors, une chaine de réaction transforma la signification originale à celle qu’on connaît aujourd’hui. «Je plairai au Seigneur» fut assigné à toute personne prête à plaire par tous les moyens, même par fourberie. Puis, au XVsiècle, elle se transforma, lors d’une expérience, à l’idée de contrôler trompeusement des malades «possédés» avec l’utilisation de faux produits, de fausses reliques religieuses. Le fil s’étire encore davantage où «faux produit» évolue vers «produit inactif» utilisé par James Lind, en 1752, dans les premières expérimentations pharmacologiques de l’histoire, lors des traitements contre le scorbut. Il administra 6 différents produits à 6 groupes distincts : le premier du cidre, le deuxième un élixir de vitriol, le troisième du vinaigre, le quatrième de l’eau de mer, le cinquième des citrons et des oranges, et le dernier de l’ail, des graines de moutarde et de racine de raifort. Puisque seuls les groupes 1 et 5 furent guéris (à cause de la teneur en vitamine C des produits administrés), les autres produits furent catégorisés comme étant «inactifs». Aujourd’hui, on ne ferait pas hâtivement la même conclusion, car nous savons très bien que ces derniers possèdent la capacité d’altérer la santé et possèdent leurs propres propriétés; le descriptif «inactif» n’est alors pas adéquat ni véridique.

Cette conclusion est une erreur scientifique pour deux raisons. D’une part, elle est basée sur la croyance que les autres substances n’ont pas d’activité pharmacologique n’ayant pas aidé la maladie étudiée, le scorbut, et donc, éliminant par le fait même d’autres vertus possibles. Nous ne conclurions pas de même pour la chimiothérapie si nous l’utilisions pour soigner un mal de ventre! D’autre part, le mariage entre placebo et produit inactif se poursuit erronément et abusivement jusqu’à nos jours. En 1785, le vocable placebo apparaît dans le premier dictionnaire médical, le «Mother’s new Medical Dictionary» où il est défini comme «une méthode banale ou médicament» et placebo deviendra petit à petit une substance anodine administrée pour plaire, c’est-à-dire pour donner du confort au patient.

La grande finale, celle où les seuls effets possibles d’un placebo sont psychosomatiques reposant essentiellement sur la suggestion, l’enthousiasme et les attentes du patient et du médecin. C’est le phénomène de soulagement ou guérison qui a lieu quand on s’attend ou qu’on croit fermement que ce que nous utilisons va nous aider. De ce seul point de vue, il ne faut pas oublier qu’un placebo peut être autant une substance active qu’inactive, et cela vaut donc pour tout médicament. J’ajouterais que bien des substances, des comportements et des activités peuvent obtenir des effets thérapeutiques sous les effets de suggestions si nous les croyons salutaires. Sans m’aventurer plus loin, je dirais que si nous croyons, à tort ou à raison, qu’une chose est néfaste, elle pourrait le devenir.

Regrettablement, la pharmacopée homéopathique reçoit d’innombrables critiques et attaques sous l’emblème du placebo, car cette dernière utilise des substances subtiles dotées de nanoparticules, en comparaison à la pharmacopée conventionnelle qui utilise des doses toxiques de molécules diverses pour traiter. Objectivement, il y a sûrement autant d’effet placebo lors de la thérapie homéopathique que conventionnelle, mais pas exclusivement. L’effet placebo, né de la suggestion, du conditionnement et de la croyance, ne peut tout simplement pas expliquer les guérisons et effets désirables significatifs de l’homéopathie observés lors de soins apportés à des troupeaux d’animaux ou encore sur des enfants naissants. Saviez-vous également que des recherches in vitro ont démontré les effets de remèdes homéopathiques sur l’activité mitochondriale du sperme bovin impliquant un effet sur leur fertilité? Ou encore que trois remèdes homéopathiques aient montré en recherche leurs effets anticancéreux sur des animaux?

Sur les humains également, les évidences établissent sans contredit les effets curatifs et vertus prophylactiques de l’homéopathie et, où assurément l’effet placebo ne peut en être la cause simplement par le grand nombre de personnes protégées. Voici quelques cas : en 1998 durant une épidémie de méningite, suite à la prophylaxie homéopathique, 4 cas sur 65 826 enfants furent enregistrés en comparaison à 20 cas pour 23 532 enfants non protégés. À contagions équivalentes et sans protection homéopathique dans le premier groupe, le nombre attendu de cas aurait été de l’ordre de 59 cas au lieu de 4. Également, à Cuba en 2007-08, un pays où l’homéopathie est reconnue et utilisée couramment a protégé par prophylaxie homéopathique plus de 2,3 millions de cubains.nes contre les ravages annuels de la leptospirose (maladie infectieuse) durant la saison des pluies. Ceci a eu comme effet de réduire significativement les incidences d’infections dans les régions protégées. Je pourrais également mentionner les succès incroyables durant la période de la grippe espagnole en 1918 avec seulement 1,05 % de taux de mortalité pour 26 785 patients quand la médecine conventionnelle atteignait 30 %, ou encore, ceux obtenus en 1831 alors que le choléra faisait mourir près de la moitié de la population en Europe, l’homéopathie ne perdait que 5 à 10 % des personnes atteintes.

L’homéopathie a fait ses preuves et continue de les faire, et ce, sans effet placebo. L’effet placebo existera toujours peu importe le type de thérapie choisi et il fait preuve également d’effet thérapeutique valable. Donc la question n’est pas de savoir si l’homéopathie agit en tant qu’effet placebo, mais de savoir ce qui se cache derrière cet argument désuet. Pourquoi maintenir cet argument à tout prix au détriment de la santé publique? Si nous avions une vraie démocratie, n’aurions-nous pas accès à un marché médical libre où chacun puisse choisir librement de leur santé au lieu de vivre dans la censure?

Liens pour accéder aux études :

Site de Pascale Gannon, Homéopathie-Études et recherches

*L’étude randomisée en double aveugleavec répartition aléatoirerandomisée ou à double insu (ou en double aveugle) est une démarche expérimentale utilisée dans de nombreuses disciplines de recherche telles que la médecine, les sciences sociales et la psychologie ainsi que les sciences naturelles telles que la physique et la biologie.

En pharmacie, elle est utilisée dans le développement de nouveaux médicaments et pour évaluer l’efficacité d’une démarche ou d’un traitement. Par exemple, durant l’étude sur un médicament, ni le patient ni le prescripteur ne savent si le patient utilise le médicament actif ou le placebo.  Wikipédia

Pascale Gannon,
photo collection Pascale Gannon

Pascale Gannon, mère, homéopathe et naturopathe

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