Les ailes de la lecture đź•Š

CRITIQUE LITTÉRAIRE du livre

Histoires Ă  dormir dehors

Auteur : Jonathan B. Roy publiĂ© en 2018, Ă©diteur : VĂ©lo QuĂ©bec 265 pages

Ce récit d’aventures est le premier ouvrage de Jonathan B. Roy publié en 2018. Il s’agit également de son premier voyage à vélo!

Curieux et polyvalent, diplômé en droit et en génie, ce bourlingueur a également été directeur des ressources humaines, musicien et mécanicien de vélo avant d’entamer son tour du monde à bicyclette en 2016.

«Histoires Ă  dormir dehors» est un rĂ©cit biographique de voyage Ă  vĂ©lo d’Angleterre jusqu’en Malaisie avec un très petit budget. Jonathan y traverse 27 pays, pĂ©dale inlassablement quelque 18 000 kilomètres, dĂ©couvre de magnifiques paysages et vit d’innombrables aventures en allant Ă  la rencontre de peuples inconnus.  

La source de sa motivation, écrite en préambule avec une tendresse infinie, est bouleversante et initie immédiatement un contact de proximité entre le lecteur et l’auteur. Il relate l’éternel désir brûlant de sa mère d’un voyage en Italie, sans cesse remis, et qui ne se matérialisera jamais. Ce rêve d’une vie, inaccompli, et la douleur du récent décès de sa mère sont à l’origine de ce périple. On comprend l’urgence d’accomplir son propre rêve et, peut-être, de restituer celui de sa mère par procuration.

Le périple, ponctué de magnifiques photos, est très bien écrit, avec humour et bienveillance. En effet, à l’exception d’une seule expérience effrayante avec un individu qu’il soupçonne d’avoir des problèmes de santé mentale, il n’y rencontre que du bon monde. L’aventurier globe-trotter relate les plaisirs simples liés à son aventure, mais également quelques épisodes rocambolesques, très surprenants.

Certains pourraient regretter le manque de dĂ©veloppement sur les nombreux pays visitĂ©s. La narration d’une soirĂ©e dans un manoir français, d’une descente sans fin en SlovĂ©nie, d’un Ă©vanouissement au Tadjikistan et de policiers cambodgiens se rĂ©galant de crapauds est certes divertissante, mais une rĂ©flexion plus poussĂ©e sur les pays, les coutumes et les pouvoirs politiques n’aurait pas nui Ă  ce rĂ©cit. Cette expĂ©rience a-t-elle changĂ© quelque chose dans sa vision de la vie, a-t-elle fait grandir le voyageur? On l’espère, mais aucune mention n’y est faite.  

Par contre, il faut féliciter ce jeune homme audacieux d’avoir osé tout quitter et partir à l’aventure! Et bravo aussi pour son positivisme, sa volonté à toute épreuve. Il ne se plaint jamais, endure la température, plante sa tente dans la boue s’il le faut et grimpe à l’assaut des sommets vertigineux avec détermination.

ArrivĂ© au terme de son pĂ©riple, Jonathan livre avec un regard positif et sensible, non sans joie, sa conviction que l’homme est bon. Son aventure l’a menĂ© Ă  dĂ©couvrir du bon monde mĂŞme dans les pays les plus reculĂ©s! Nous y voilĂ  finalement! La motivation ultime – ce qu’il fallait dĂ©montrer â€“, c’était de constater, voire vĂ©rifier que l’homme est fondamentalement bon. Conforme Ă  l’idĂ©e maĂ®tresse du philosophe Jean-Jacques Rousseau voulant que l’homme naisse bon, c’est la sociĂ©tĂ© qui le corrompt. Tout un chacun pourra y rĂ©flĂ©chir! La pandĂ©mie que nous vivons actuellement a montrĂ© le meilleur – et aussi le pire â€“ de l’être humain. En relatant l’expĂ©rience de son long pĂ©riple, Jonathan B. Roy, montre qu’avoir une attitude positive attire la bontĂ© et la bienveillance! EspĂ©rons que ce sera le cas dans le monde d’après, comme on le nomme dĂ©sormais!

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