Jane Goodall, tu n’es qu’une fille…

«Si vous voulez que les gouvernements vous écoutent, racontez-leur une histoire.» Jane Goodall

J’aperçois Jane Goodall pour la première fois sur la couverture du magazine National Geographic de 1965. Trop jeune pour lire, j’ai longtemps contemplé ses photographies prises en compagnie de chimpanzés. Dans tous mes jeux de rôle de petite fille, j’étais Jane avec les chats, les chiens, les fourmis et les oiseaux. J’observais, je dessinais et plus tard j’écrivais mes observations. Elle m’a beaucoup influencée. Je réalise plus tard que cette grande dame, devant qui s’ouvraient toutes les portes, était née sous une bonne étoile. Elle mène la plus longue étude de terrain sur des animaux sauvages et les recherches qu’elle a menées dans la jungle sur la rive est du lac Tanganyika, lui font lui font observer l’utilisation d’outils par les chimpanzés. Cette découverte change à jamais la science du comportement.  

Elle devient primatologue et anthropologue et fonde, en 1977, le Jane Goodall Institute qui se classe parmi les autorités mondiales dans le domaine de la protection des chimpanzés et la conservation de la planète. 

MAIS QUI EST JANE GOODALL?  

Valerie Jane Morris-Goodall naît à Londres le 3 avril 1934. Son père, Mortimer Herbert Morris-Goodall, coureur automobile et homme d’affaires épouse Margaret Myfanwe Joseph, une romancière connue sous le pseudonyme de Vanne Morris-Goodall. Judy, sa sœur cadette et compagne de jeu, naît en 1938. Solitaire, mais sociable, elle passe des heures affairées dans la nature : elle observe les animaux du jardin, elle les dessine et écrit ce qu’elle voit. Son intérêt pour les chimpanzés germe dans son esprit quand son père lui rapporte une peluche à l’effigie de Jubilee, un bébé chimpanzé né au zoo de Londres. Elle n’avait que deux ans.  

Elle passe la plus grande partie de son enfance sur la propriété familiale de Bornemouth. Les aventures du Dr Dolittle, de Hugh Lofting devienne sa lecture de jeunesse préférée et son souhait le plus cher est de vivre auprès des animaux d’Afrique. Pour les adultes qui l’entourent, ce rêve est irréaliste et utopique. 

Après le divorce de ses parents, la vie devient plus difficile et Jane enchaîne les emplois avec comme but de se payer des études universitaires mais à son plus grand regret, sans pouvoir y parvenir. À 22 ans, elle passe ses vacances au Kenya, dans la ferme familiale d’une de ses amies. C’est sa première expérience sur le continent africain.  

Quand Jane parle de s’établir en Afrique pour travailler avec les animaux, la jeune femme se fait dire : « tu n’es qu’une fille ». Seule sa mère, qui croit en elle et qui partage son enthousiasme, refuse de l’en dissuader : « Jane, si tu veux vraiment quelque chose, si tu travailles dur, si tu saisis chaque occasion sans abandonner, alors d’une façon ou d’une autre, tu y arriveras. » Il ne lui en faut pas plus pour persévérer et poursuivre son rêve.  

LES PREMIERS PAS DE JANE EN SOL AFRICAIN

Au cours de son voyage au Kenya, Jane fait la connaissance de Louis S. B. Leakey l’imminent anthropologue et paléontologue auprès de qui elle va tenter un bluff : elle masque son manque de diplôme en étalant toutes ses connaissances. Impressionné, le docteur Leaky lui offre de devenir son assistante et de l’accompagner dans ses fouilles archéologiques en Tanzanie.  

Jane imitant les singes. Photo collection Jane Goodall

Leakey rêve d’entreprendre une longue étude de terrain sur les chimpanzés sauvages et propose à Jane de piloter cette étude, convaincu qu’elle a tout ce qu’il faut pour la mener à bien. En 1958, il renvoie Jane à Londres pour suivre des études de comportement et d’anatomie auprès de grands spécialistes de l’époque et, en 1960, il l’installe au parc national Gombe Stream. Le 4 juillet, Jane et sa mère arrivent en Tanzanie.  

Jane dans un arbre suivant des singes. Photo de National Geographic

Pour gagner la confiance des chimpanzés de la réserve Gombe, Jane prend tout son temps. Elle ne veut ni les brusquer ni les faire fuir. Elle patiente, passe des heures dans les arbres avec les primates à imiter leurs comportements. Elle réalise qu’ils ont chacun une personnalité et une conscience. Elle découvre qu’ils sont omnivores et qu’ils fabriquent et utilisent des outils. Ceci allait changer le rapport homme-animal à jamais. Le Dr Leakey commente sa découverte :  « Désormais, nous devons redéfinir la notion d’homme et la notion d’outil, ou alors accepter le chimpanzé comme humain ». Ainsi naît l’idée que les chimpanzés sont nos « cousins ». Au cours de son séjour à Gombe, elle côtoie trois générations de chimpanzés avec lesquels elle tisse des liens forts. En 1963, le National Geographic décide de commanditer ses recherches.  

RECONNAISSANCES

Jane, une des rares candidates à être acceptée sans diplôme à l’université de Cambridge en ressort en 1965 avec un doctorat en éthologie. Au fil des ans, elle est honorée à maintes reprises. Le 16 avril 2002, Kofi Annan, Secrétaire général des Nations Unies, honore Jane en lui donnant le titre de messagère de la Paix.  

La couverture de biographie de Jane écrite par Dale Peterson.

SON INSTITUT ÉPONYME

Créé en 1977 en Californie, l’Institut Jane Goodall qui fait la promotion de la recherche, de l’éducation et de la conservation de la faune, est un OSBL implanté dans 23 pays. 

Riche de maints doctorats honorifiques, Jane voyage à travers le monde environ 300 jours par année pour présenter des conférences, des colloques et des symposiums afin d’éduquer et sensibiliser l’opinion publique sur les dangers qu’encourt notre planète. Cette femme a consacré sa vie à la protection de l’environnement. Activiste née, même aujourd’hui à 85 ans, Jane tente de répandre son optimisme. Son message vise à protéger les droits inhérents de chaque créature vivante et donner espoir aux générations futures. Elle lance un appel urgent contre la plus grande menace environnementale de toutes : le changement climatique. 

SOURCES: 

Fiche biographique de Jane Goodall sur le site biography.com : http://www.biography.com/people/jane-goodall-9542363  

Fiche biographique de Jane Goodall sur le site officiel du National Geographic : https://www.nationalgeographic.org/article/jane-goodall/ 

Sites internet officiels de Jane Goodall :  

http://www.janegoodall.org/ et www.janegoodall.ca/ 

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