Jean-Claude Rocheleau: l’engagement citoyen en héritage

Texte de Louise Arbique et Martine Lavallée

Parce qu’il suivait les traces de son père, il s’est depuis longtemps impliqué dans la communauté. Donner, s’impliquer, s’engager faisait partie du vocabulaire familial. Et l’héritage de son père qu’il a porté tout au long de son parcours a fait de lui un homme de talent, réfléchi, articulé et charismatique au point d’être recruté par Jack Layton et Gilles Duceppe deux de nos grands politiciens.

Le parcours d’un homme devenu président du RCVD qui représente 200 citoyens de Val-David.

Son implication citoyenne a commencé avec son père au lac Hénault, à Mandeville, puis comme bénévole dans beaucoup d’organismes d’Hochelaga-Maisonneuve, et aussi avec les enfants trisomiques de Lanaudière.

Très tôt, il voit à quel point la majorité des gens ont peur de prendre la parole, il découvre que plusieurs ne sont pas outillés pour se défendre et doivent se contenter de subir des injustices sans dire un mot. Alors, il prend la parole pour eux. Bien qu’il se définisse d’abord comme un homme de terrain, il étudie tout de même aux HEC en gestion des ressources humaines. Rapidement, il prête l’oreille au chant du mouvement syndical et représente le Québec sur l’exécutif national du syndicat canadien des communications énergie et papier (SCEP). Comme, la politique a généralement à l’œil les syndicalistes, il tombe dans celui de Jack Layton le chef du NPD, qui le recrute.

Jean-Claude s’enthousiasme: «C’était un homme formidable! J’ai été candidat dans Hochelage trois fois et si au début nous étions bons derniers, quand j’ai quitté le NPD nous avions la deuxième position. J’ai aussi représenté le Québec à l’exécutif national du NPD à Ottawa en tant que coprésident de la section Québec. Finalement, après la mort de Jack Layton, une divergence de vues sur la reconnaissance de l’indépendance du Québec au sein du NPD m’a dicté qu’il était temps que je poursuive ma route, fidèle à mes valeurs. Peu de temps après, Gilles Duceppe me demande de devenir candidat pour le Bloc. J’étais très heureux et bien que je n’aie pas gagné l’investiture, je suis resté avec eux comme conseiller à l’énergie (précisons que Jean-Claude travaille pour Shell depuis des années). Et comme les choses sont rarement ce que l’on pourrait imaginer surtout en politique où le vent tourne toujours, le Bloc a connu une défaite fulgurante qui ne laissait que 5 députés au gouvernement. J’ai pris la direction générale du Bloc Québécois pour faire la transition et réorganiser la structure du parti.»

Une fois sa tâche accomplie, il devient consultant en relation de travail auprès des syndicats et des entreprises, entre autres avec l’alliance québécoise des techniciens de l’image et du son où il devient directeur général. Pendant 5 ans, il revoit les processus et accomplit un immense travail de redressement. Vient le temps de la retraite ou d’une semi-retraite. Depuis plusieurs années il a adopté Val-David. Il aime ce village, ses artistes, son Parc, ses forêts, sa population, sa vie. Il décide donc d’acheter une maison et de s’y installer en permanence, ce qui ne l’empêche pas de continuer d’œuvrer comme administrateur à l’association des anciens syndicalistes et agir à titre de président du C.A. du comité de chômage à Montréal. Il résume : « Y’a des gens qui ont besoin d’être défendus et on les aide à monter leur dossier ».

Président du RCVD

Quand le Regroupement des citoyens de Val-David (RCVD) demande à Jean-Claude de prendre la présidence, se présente à lui l’occasion rêvée de mettre à profit ses expériences syndicales, communautaires et politiques et de s’impliquer dans son village où il veut jouer un rôle significatif. Devenir le porte-parole de 200 citoyens auprès du conseil municipal ne peut être plus pertinent.

Jean-Claude précise le mandat du regroupement : Le RCVD se veut le chien de garde des citoyens. Nous sommes en mesure de communiquer à la municipalité les besoins des citoyens, d’une part, et d’autre part nous rapportons aux citoyens ce que nous voyons et entendons. Mais notre rôle ne s’arrête pas là, il consiste aussi à proposer des solutions au conseil municipal et ainsi l’aider à poser de bons gestes, prendre des décisions éclairées centrées sur les besoins de la population. Nous devenons en quelque sorte des consultants bénévoles.

Malheureusement, nos propositions restent le plus souvent lettre morte, car il n’y a pas d’opposition au sein du conseil municipal et il essaie toujours de montrer une unanimité. Donc, pas de place à l’opposition, au questionnement et aux saines remises en question.

Mais, peut-on vraiment s’en étonner? On a vu avec l’équipe Davidson ce qui arrivait aux conseillères qui s’opposaient. Elles ont été exclues du caucus, sous toutes sortes de prétextes insignifiants et ce avec l’assentiment de toute l’équipe Davidson. L’opposition était pénalisée. Aujourd’hui le conseil municipal suit la même ligne de pensée. Si tu ne penses pas comme eux, tu es contre eux. La preuve en est la réunion du 10 juillet dernier quand des partisans de la mairesse nous ont traités de tous les noms et nous ont dit de s’en aller ailleurs si on n’était pas contents. Il est clair qu’avec ce conseil, tu n’as pas le droit de dire ce que tu penses sous peine de menaces. Quand on pense aux discours sur la transparence et la démocratie de ce parti, lors de la campagne électorale, on repassera!

Il faut dénoncer pour faire avancer!

Les citoyens doivent savoir que malgré les demandes d’accès à l’information, impossible d’avoir les états financiers, qui sont l’outil de base par lequel on peut le mieux évaluer la santé financière de sa municipalité. Mais, selon la mairesse, plus ils nous donnent de documents, plus ils se font -challenger- donc ils n’aiment pas cela. Résultat, on peut toujours courir pour avoir les documents.

De là l’importance du RCVD. C’est le seul contrepoids avec quelques autres leaders d’opinion qui se lèvent. Nous devenons par défaut l’opposition citoyenne, les gardiens de la démocratie et de la vie municipale en termes d’intégrité, les chiens de garde de l’utilisation de nos taxes. C’est primordial de savoir comment nos taxes sont dépensées et de s’armer pour que le déficit ne vienne pas nous hanter un jour.

Aurons-nous un jour des réponses à nos questions?

Comment se fait-il qu’il n’y ait pas eu d’enquête dans le dossier du harcèlement psychologique, malgré la demande de la CSST?

Comment se fait-il que le contrat de 300 000$ pour la place publique s’est donné sans appel d’offres?

Comment se fait-il que l’équipe Davidson dont faisait partie madame Kathy Poulin n’ait pas tenu compte des 638 personnes qui se sont prononcées contre le règlement d’emprunt dont une grande partie s’en allait au marché et qu’ils ont pigé dans les surplus? Il faut savoir que les surplus sont des taxes en trop qui n’ont pas été dépensées et qui s’accumulent. Les surplus doivent servir aux urgences.

Plus de pouvoir aux citoyens!

Il faut donner plus de pouvoir aux citoyens. C’est la seule façon d’empêcher la municipalité de piger dans les surplus sans rien demander à personne.

Dénoncer jusqu’à ce que cela change!

Les gens sont intelligents et quand c’est bien expliqué ils sont capables de venir se prononcer et se rallier. À force de le répéter, les gens comprendront qu’il faut entrer à la municipalité, des gens qui ont la volonté de changer les choses et qui comprennent les enjeux économiques et citoyens. Nous devons continuer de dénoncer, écrire dans le journal pour sonner des alarmes et éveiller les citoyens à ce qui se passe. Nous les invitons à venir dire ce qu’ils pensent tous autant qu’ils sont.

Nous l’aurons compris, Jean-Claude Rocheleau est de gauche. Pour lui, les gens sont importants et c’est pour cela qu’il a passé sa vie à s’impliquer dans la défense des droits des citoyens « Et je le serai probablement pour le reste de ma vie ».

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