Kataluk Paningayak 1978-2021

Peu après le 18 mars 2021, Kataluk Paningayak, 43 ans, est assassinée par son conjoint dans leur résidence du village nordique de Ivujivik, situé dans le Grand-Nord du Québec au Nunavik. C’est le huitième féminicide à survenir dans la province du Québec en ce début d’année 2021.

Madame Paningayak vivait avec un homme dangereux au lourd passé criminel. Celui-ci avait été reconnu coupable de voies de fait à l’encontre de Kataluk Paningayak à plusieurs reprises. Après avoir tué sa femme, ce dernier, Peter Ainalik, 44 ans, c’est enlevé la vie.

«Je l’ai surpris en train de la battre. J’étais tellement en colère. J’ai réussi à l’arrêter, mais il a crié qu’il allait chercher son arme», se souvient Louisa Paningayak, une des filles de Kataluk Paningayak. «Nous sommes parties nous cacher dans une autre maison parce qu’on avait peur. Cette fois-là, elle a porté plainte.», confiait Louisa Paningayak au journal Le Devoir.

Le système l’a échappé, encore une fois. Mais le Québec n’est pas seul.

À l’heure d’écrire ces lignes, ailleurs dans la francophonie dans le monde, les féminicides en 2021 sont en hausses: 8 en Belgique et 24 en France pour ne nommer que ces deux pays. Les ressources et les services ne sont clairement pas au rendez-vous.

Des mesures

Ici au Québec, le 28 mars dernier, la ministre de la Sécurité publique du Québec, Geneviève Guilbault, annonçait qu’elle chapeautera un comité visant à combattre les crimes contre les femmes et les féminicides.

Christine Labrie, députée de Sherbrook sous Québec solidaire, croit que la création d’un comité visant à enrayer les crimes contre les femmes est un bon pas dans la bonne direction, mais des gestes urgents et concrets sont attendus.

«Il y a une responsabilité quand on annonce des fonds dans un budget: s’assurer que l’argent sera versé aux organismes. On a laissé ça aller. Il y a eu du laxisme de ce côté dans la dernière année. Les fonds ont été versés dans les derniers jours», déplore Christine Labrie dans le journal de Montréal

Manifestation

Les citoyens en ont assez du manque d’encadrement ainsi que de cette culture de violence et veulent changer les choses.

Aujourd’hui, 2 avril 2021, le mouvement, #pasunedeplus, organise des manifestations pour dénoncer les féminicides partout au Québec: Montréal, Rimouski, Québec, Sherbrooke, Baie-Comeau, Longueuil et Gatineau. Sur Facebook ce sont près de 6 000 personnes qui ont répondu à l’appel.  

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