La consommation de sodas a chuté de 25% au Chili grâce à un nouvel étiquetage

En partie tiré du texte de K. F. pour www.rtbf.be

L’instigateur de cette nouvelle législation est le sénateur Guido Girardi, un ancien pédiatre qui fait preuve de leadership pour contrer la malbouffe dans son pays. La malbouffe créée et vendue par des multinationales qui n’ont en aucun cas l’intérêt des consommateurs, le Chili a décidé de prendre le taureau par les cornes et de faire de ses citoyens un peuple en meilleure santé.

Le Chili, dans le continent sud-américain, c’est 17 millions d’habitants et une troisième place sur le podium mondial du surpoids et de l’obésité. Mais la situation est en passe de changer. Notamment, depuis qu’une législation adoptée en 2016 impose des avertissements sur tout produit alimentaire quant à la présence élevée de sucres, graisse et sel mais aussi l’interdiction de la publicité visant les enfants et la vente de produits sucrés dans les écoles. Résultat, selon une récente étude publiée par le journal scientifique PLOS : une baisse de près d’un quart (23,7%) de la consommation de boissons sucrées. Le tout en l’espace de 18 mois, seulement.

«Nous voulions qu’un enfant de six ans puisse comprendre»

Au Chili, au terme d’un long combat politique contre les multinationales agroalimentaires, le sénateur Guido Girardi, un ancien pédiatre, parvient à faire adopter une loi des plus restrictives au monde en matière de publicité sur les produits trop gras, trop sucrés, trop salés.

Son objectif : protéger les enfants contre la malbouffe. « La première chose que nous avons faite avec la loi est le droit de savoir« , explique Guido Girardi dans le documentaire « Un monde obèse » diffusé récemment sur La Une (à voir absolument). « On a créé des logos qui permettent en un coup d’œil de savoir si le produit contient beaucoup de sucre, de sel, de gras, de calories. Cela doit prendre quelques secondes. Nous voulions qu’un enfant de six ans puisse comprendre. » Concrètement, il s’agit de quatre logos de couleur noire avec une simple mention à chaque fois : « trop de calories », « trop de sel », « trop de sucre », « trop de graisses saturées ».

Au Chili, plus personne ou presque n’ignore ces nouvelles dispositions (introduites par étapes) et les habitudes de consommation ont changé. Dans ce pays où trois-quarts des adultes et plus d’un enfant sur deux sont en surpoids ou obèses, les autorités étaient clairement sommées de réagir. L’alternance politique n’a d’ailleurs rien changé. Le système voté sous la présidence de la socialiste Michelle Bachelet et maintenu par le président actuel, l’homme d’affaires ultralibéral Sebastian Piñera, est toujours en place. Résultat : baisse de la consommation des boissons sucrées et dans le même temps, hausse de la consommation d’eau et de jus dans sucres ajoutés.

Publicité interdite à la télévision

On l’a dit : il ne s’agit pas uniquement d’une affaire de logos. La législation chilienne va beaucoup plus loin. Par exemple, les grandes marques ne peuvent plus utiliser de personnages animés pour séduire les enfants. La publicité pour les produits trop gras, trop sucrés et trop salés est interdite à la télévision entre 6 h et 10 h du matin. Mais ce qui est certain, c’est qu’une fois en magasin, les familles expliquent être grandement influencées dans leur comportement d’achat par les logos noirs.

Plus il y a de logos sur un emballage, moins l’aliment donne envie. Selon l’étude, le système a des effets aussi bien auprès des classes socioprofessionnelles éduquées que des classes moins favorisées.

« Un tel effet au niveau national en l’espace d’une année, c’est tout simplement du jamais vu« , réagit dans le New York Times Lindsey Smith Taillie, nutritionniste à l’Université de Caroline du Nord, en charge de l’étude publiée dans PLOS. « C’est un signe encourageant dans la mise en place de mesures qui se renforcent les unes les autres. C’est dans ce sens qu’il faut aller afin de combattre véritablement des maladies comme l’obésité, l’hypertension et les diabètes.« 

Les différentes étapes de la législation. – © Ministerio de Salud.
Les logos expliqués aux enfants dans les spots publicitaires. – © Ministerio de Salud.

À noter que le Chili avait déjà augmenté ses taxes sur les boissons sucrées, passant de 13 à 18% en 2014.

Le principe des logos chiliens sert en tout cas déjà d’exemple dans d’autres pays comme le Pérou, l’Uruguay, Israël ou encore le Mexique (73% de la population y est en surpoids ou obèse et le diabète y est la première cause de mortalité).

Les nouveaux logos sur un paquet de biscuits. – © MARTIN BERNETTI – AFP

La NASH (Non-Alcoholic SteatoHepatitis)

L’excès de sucre et notamment de boissons sucrées provoque l’obésité et le diabète. De récentes études indiquent également que la consommation de soda est néfaste pour notre foie et provoque la NASH, la maladie du soda. La NASH (Non-Alcoholic SteatoHepatitis) est la stéatohépatite non alcoolique.

Les logos sur un paquet de chocolats. – © MARTIN BERNETTI – AFP
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