La saga Fitzgibbon durait depuis 2018

Le code d’éthique des élus de l’Assemblée nationale est clair et les politiciens-entrepreneurs devraient s’y soumettre.

C’était le quatrième rapport de la commissaire Ariane Mignolet depuis 3 ans. Une commissaire qui est rigoureuse et fait du bon travail selon René Villemure.1 François Legault qui défendait bec et ongle le code d’éthique des élus lorsqu’il était dans l’opposition aurait dû réagir bien avant dans le cas de son ministre de l’Économie.

À titre de ministre, M. Fitzgibbon devait se départir de ses intérêts dans deux entreprises qui font affaire avec le gouvernement: ImmerVision et White Star Capital Canada. Mais il avait du mal à vendre ses parts dans ces entreprises non cotées en bourse et risquait de perdre plus de 1 million $ en bénéfice, a expliqué M. Legault en conférence de presse mercredi.2

Historique des événements3

▶ Printemps 2019

Le Bureau d’enquête du Journal de Montréal révèle les liens entre M. Fitzgibbon et un ami lobbyiste, Luc Laperrière, avec qui il a eu des liens d’affaires.

▶ Novembre 2020

Les députés votent un blâme contre lui en novembre après une enquête de la commissaire qui a constaté un manquement éthique dans ses relations avec son ami lobbyiste. Une première pour un membre du Conseil des ministres.

▶ Décembre 2020

Le premier ministre François Legault rejette une deuxième recommandation de blâme de la commissaire contre son ministre parce qu’il détient des investissements dans les entreprises White Star Capital et Immervision qui ont des liens financiers avec le gouvernement. 

▶ Décembre 2020

Le Bureau d’enquête du Journal de Montréal révèle que Pierre Fitzgibbon a assisté à des événements organisés par son ministère en compagnie d’une dirigeante d’Immervision. 

▶ Mars 2021

Le Bureau d’enquête du Journal de Montréal révèle que M. Fitzgibbon a présenté M. Legault au cofondateur de White Star lors d’une mission économique à Paris en 2019. 

▶ Mai 2021 

Confronté à un nouveau rapport de la commissaire à l’éthique Ariane Mignolet, M. Legault constate finalement que la situation de M. Fitzgibbon est incompatible avec sa fonction de ministre

Doit-on adapter / changer le code d’éthique?

La pression pour faire changer le code d’éthique est forte, mais l’opposition officielle de l’Assemblée nationale est totalement contre cette idée.

Par ailleurs, l’éthicien René Villemure croit que Pierre Fitzgibbon a été son pire ennemi dans cette histoire, en envoyant paitre la commissaire dans ses premiers rapports. «Se faire envoyer promener à deux reprises ne pose pas les bases d’une relation saine» laisse-t-il tomber au Journal de Montréal.4 

La crainte probable, d’un changement de code d’éthique dans le milieu politique, est que ce remaniement permettra d’ouvrir la voie à de futures abus et imbroglios quant aux différents droits et obligations des politiciens-entrepreneurs.

De plus, un changement du code d’éthique des élus provinciaux risque d’influencer la décision d’adapter et d’adoucir aussi le code d’éthique des élus municipaux, ce qui amènerait potentiellement d’autres abus et dérives longtemps décriés par les citoyens.

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