La tristement célèbre Place Tian’anmen

Un peu d’histoire

La place Tian’anmen signifie : « place de la porte de la Paix céleste ».

Située au centre de Pékin, elle s’appelle ainsi, car elle se trouve au sud de la porte de la Paix céleste, qui commandait l’entrée sud de la cité impériale.

Quatrième plus grande place du monde (après la place Xinghai de Dalian en Chine, la place Merdeka de Jakarta en Indonésie et la place des Tournesols de Palmas au Brésil), elle doit notamment sa célébrité aux nombreux événements qui s’y sont déroulés dans l’histoire chinoise, dont des changements de gouvernements et la déclaration de Mao Zedong qui y a proclamé la République Populaire de Chine le 1er octobre 1949. Celui-ci d’ailleurs souhaitait que cette place soit un espace très vaste où l’on pourrait rassembler « Un million de personnes », pour des manifestations de masse notamment.

Un regard sur les évènements de la Place Tiananmen

Selon plusieurs experts, dont le spécialiste de l’Extrême-Orient Jean-François Dufour, le déclenchement des manifestations est dû en partie à la mort de l’ancien secrétaire général du Parti communiste, Hu Yaobang. Ce dernier avait été évincé du gouvernement en 1987, car il avait une volonté de réforme trop importante pour l’aile plus conservatrice du parti. Lorsque sa mort est annoncée le 15 avril 1989, un rassemblement de manifestants a lieu sur la Place Tiananmen. Ces premières manifestations regroupent en majorité des étudiants et des intellectuels rejoints par des ouvriers qui crient des slogans favorables à la démocratie et dénoncent la corruption du pouvoir politique et l’inflation.

Les premières manifestations d’avril 1989 sont pacifiques, mais plus le gouvernement chinois tente de freiner le mouvement, plus elles prennent de l’ampleur. Ce mouvement s’étend à la plupart des grandes villes de Chine et aboutit dans la capitale à une série de grandes manifestations et de grèves de la faim organisées sur la Place Tian’anmen. Les rassemblements prennent une telle envergure que les autorités chinoises déclarent l’état de siège à la fin du mois de mai 1989. Le gouvernement chinois n’accepte pas de négocier avec les manifestants, il tente d’arrêter toute manifestation à l’aide de l’armée; mais celle-ci est repoussée par les protestataires.

Dans la nuit du 3 au 4 juin 1989, après des semaines de manifestations, le gouvernement donne l’autorisation aux militaires d’utiliser la force afin de supprimer tout mouvement contestataire. L’écrasante victoire des forces chinoises sur les manifestants est maintenant connue sous le nom du Massacre de la Place Tian’anmen.

L’Homme de Tian’anmen

L’Homme de Tian’anmen, l’« Homme au char » ou « Le Manifestant inconnu »

L’homme, portant un sac de couleur claire dans chaque main, est seul debout au milieu de la route quand les chars s’approchent. Les chars s’arrêtent devant lui et il semble leur faire signe de repartir. En réponse, le char de tête essaie à plusieurs reprises de contourner l’homme, mais celui-ci se place à nouveau sur sa route. Puis l’individu grimpe sur le dessus du char de tête et a une brève conversation avec un membre d’équipage. Les versions de ce qui a été dit au conducteur varient : « Pourquoi êtes-vous là ? Ma ville est en chaos à cause de vous », « Faites demi-tour et arrêtez de tuer mon peuple » et « Partez ». Les vidéos prises par les journalistes occidentaux montrent que le jeune homme fut ensuite approché par un cycliste qui discute un court instant avec lui.

L’homme, bien que mondialement célèbre, est resté anonyme. Il fut filmé et photographié alors qu’il s’efforçait de bloquer symboliquement la progression d’une colonne d’au moins dix-sept chars Type 59 de l’Armée populaire de libération lors des manifestations de la place Tian’anmen, en 1989.

Puis un homme, les bras levés, fait signe au chef de char qui le voit, le char étant alors immobilisé ; enfin, trois autres hommes se mettent autour du jeune manifestant, le font se déplacer sur le côté de l’avenue où il se trouvait, hors du champ de vision des photographes ou journalistes qui ont filmé cette scène de résistance passive.

Selon certaines journalistes, les quatre personnes intervenues étaient en fait des policiers en civil, présents dans ce secteur et devant faciliter le passage des chars, ce qui fut le cas, la progression des blindés s’effectuant ensuite sans aucune résistance.

L’image de la scène est prise par deux reporters-cameramen et cinq reporter-photographes perchés sur un balcon de l’hôtel Beijing. Le cliché le plus connu est celui de Jeff Widener de l’Associated Press, qui a fait la une de nombreux journaux et magazines à l’époque.

Il existe plusieurs histoires relatives à ce qu’il est advenu de l’homme après la manifestation. Bruce Herschensohn, ancien aide adjoint du président Richard Nixon, rapporta que l’homme fut exécuté 14 jours plus tard ; d’autres sources avancent qu’il a été passé par les armes devant un peloton d’exécution quelques mois après les protestations de la place Tian’anmen. Dans Red China Blues: My Long March from Mao to Now, Jan Wong écrit qu’il est toujours vivant et se cache quelque part en Chine.

Le récit d’un témoin oculaire des événements, publié en octobre 2005 par Charlie Cole, photographe pour le magazine Newsweek à l’époque, indique que l’homme fut arrêté immédiatement après l’incident par le Bureau de sécurité publique chinois.

Le gouvernement de la République populaire de Chine fit peu de commentaires. Dans une entrevue de 1990 avec la journaliste américaine Barbara Walters, Jiang Zemin, alors secrétaire général du Parti communiste chinois, nous dit qu’il ne sait pas ce qu’il est devenu.

Le 4 juin marque la fin de ce que l’on appelle aujourd’hui le massacre de la Place Tiananmen.

Des bilans contradictoires encore aujourd’hui

Selon des officiels Chinois, il y aurait eu 286 morts et 10 000 selon l’Union soviétique et les États-Unis. Dans la nuit du 3 au 4 juin 1989, la Chine écrasait sa jeunesse dans le sang à Pékin, après deux mois de manifestations estudiantines sur la place Tiananmen. Trente ans après, aucune commémoration n’a eu lieu sur place. Trente ans après, c’est toujours l’omerta.

Des soldats et des blindés avaient repris le contrôle de Pékin en faisant feu sur les manifestants et les simples civils présents le long des avenues et aux abords de la place Tiananmen.Trente ans plus tard, le régime ne semble pas prêt à modifier son verdict sur les manifestations du «Printemps de Pékin». Le ministre de la Défense, Wei Fenghe, a estimé que l’intervention de l’armée avait été une décision « correcte », permettant d’assurer «la stabilité et le développement» de la Chine.

Source :Wikipédia, Journal Le monde, TV5monde, Philippe Cadieux,Red China Blues: My Long March from Mao to Now,

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