Lac aux Castors, révélation archéologique

Photo de couverture, vue du mont Royal depuis l’église Notre-Dame, Montréal, QC, 1863, courtoisie Musée McCord

Ou l’histoire fascinante du mont Royal!

Tiré de l’article du Journal Le Devoir, Un parc, mais une montagne avant tout

Le mont Royal est un ancien volcan, entend-on souvent. Rien n’est moins vrai.

Il s’agit plutôt d’une montagne qui a été sculptée par l’érosion, tout comme les autres Montérégiennes, dont elle fait partie, et parmi lesquelles figure le mont Saint-Bruno, dont l’altitude est inférieure (218 mètres) à celle du mont Royal (233 m) !

En réalité, tout a commencé il y a 125 millions d’années, par du magma en fusion qui, remontant vers la surface et n’arrivant pas à l’atteindre, s’est graduellement refroidi sous terre et a formé un bloc de roche magmatique, aussi appelée roche ignée. Puis, pendant les 125 millions d’années qui ont suivi, l’enchaînement des glaciations, la pluie et le vent ont érodé les kilomètres de roches sédimentaires (principalement du calcaire et du shale) qui recouvraient et entouraient cette masse de roche ignée, qui résistait plus à l’érosion que les roches sédimentaires qui l’enveloppaient.

«En particulier, la dernière glaciation, qui a atteint son apogée il y a 20 000 ans, a effectué une usure douce et lisse qui a façonné le paysage que l’on voit aujourd’hui dans le secteur des Montérégiennes, soit celui d’une plaine ponctuée de collines très arrondies»,

explique Jean-Michel Villanove, directeur des services de l’éducation et de la conservation aux Amis de la montagne.

Le mont Royal a aussi la particularité d’être un massif à trois sommets, dont le plus haut — soit celui du mont Royal qui s’élève à 233 mètres d’altitude, alors que le sommet d’Outremont ne fait que 211 mètres et que le sommet de Westmount n’atteint que 201 mètres — a donné son nom à la montagne. À l’origine, la dépression entre ces trois sommets était un marécage qui recueillait les eaux de ruissellement. C’est la raison pour laquelle on a décidé d’y creuser un lac.

Lors de l’excavation, on y a trouvé des huttes de castors, d’où l’appellation de lac aux Castors. Lors des travaux de réfection qui ont été menés il y a quatre ans pour améliorer la récupération des eaux qui s’écoulent dans la clairière, des archéologues de l’Université de Montréal ont découvert de nombreux morceaux de bois rongés par des castors. Une datation au carbone 14 de ces restes ligneux a révélé qu’ils étaient âgés de 11000 à 12000 ans.

En 2020, les castors sont disparus du lac aux Castors où ils ont été rois pendant des milliers d’années!
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