Le dossier de la laïcité au Québec

Il est intéressant de noter que les questions sur la laïcité au Québec remontent aux années 60, lors de la Révolution tranquille, période à laquelle l’État a créé différents ministères comme les Affaires sociales et l’Éducation entre autres, enlevant ainsi beaucoup de pouvoir aux communautés religieuses et entraînant par ce fait leur déclin. 

Voici deux exemples du mémoire de Hérouxville rédigé en 2007 par messieurs André Drouin et Bernard Thompson, citoyens de la municipalité de Hérouxville, Québec, contenu dans le rapport Bouchard Taylor, qui décrivent bien le contexte social et politique qui a inspiré le rapport d’Hérouxville. 

« Nous pouvons d’ores et déjà constater que le Canada et conséquemment, le Québec sont gouvernés par des avocats et des juges, toutes robes confondues. Sans être élus, ces nouveaux Dieux, depuis l’adoption de la Charte des droits et libertés de la personne au Canada et du rapatriement de la Constitution canadienne, deviennent peu à peu les nouveaux dirigeants de l’État, ce, sans égard aux particularités de la Nation québécoise. 

Il semble que M Trudeau ait compris en 1982 que la reine d’Angleterre, Élizabeth II, souveraine du Canada, était également gouverneur suprême de l’Église d’Angleterre. Il se devait donc de conserver à l’État son caractère divin pour qu’Élizabeth II demeure encore souveraine du Canada. On ne peut donc pas s’étonner que la Charte des droits et libertés de la personne réserve son premier article à la primauté de Dieu. (…) » 

« Au Canada, deux forces opposées s’affrontent. D’une part, la politique idéaliste du multiculturalisme canadien, appuyée de la ‘Common Law’ britannique et de la Charte des droits et libertés accordant la primauté à Dieu et aux droits individuels. D’autre part, la Nation québécoise, issue de notions juridiques liées aux droits collectifs appuyés par la jurisprudence d’un code civil unique au Québec et du code Napoléon. Contrairement au Canada, la Nation québécoise a abandonné depuis longtemps ses fondements religieux lors de sa révolution tranquille des années soixante.

La théocratie d’autrefois a fait place à un consensus amenant les Québécois à se définir assurément laïques. Les débats actuels le démontrent bien et ouvrent une voie à l’anéantissement définitif de toute volonté de voir un jour le fondamentalisme religieux gagner du terrain. Les Québécois refusent ce discours où la comparaison s’attarde aux mécréants ou aux infidèles. S’ils l’acceptaient, nous serions dirigés illico vers les portes de l’Enfer. Ils ont plutôt choisi de vivre intérieurement leurs sentiments religieux afin d’assurer une neutralité et une paix sociale à travers leurs collectivités. (..) » 

Si vous désirez prendre connaissance de l’ensemble du mémoire d’Hérouxville, ouvrez ce dossier. 

Si vous désirez lire le rapport Bouchard Taylor, cliquez sur ce lien  https://www.mce.gouv.qc.ca/publications/CCPARDC/rapport-final-integral-fr.pdf 

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