Le français je le parle par 🧡

Saviez-vous que :

  • Le français est la langue maternelle de 300 millions de personnes dans le monde ce qui le place en 5e position après le chinois, l’anglais, l’espagnol et l’arabe?
  • C’est la langue Ă©trangère apprise par plus de 50 millions de personnes et elle est prĂ©sente sur les 5 continents?
  • C’est la langue des mĂ©dias internationaux, la 4e langue de l’internet après l’anglais, le chinois et l’espagnol? 1
  • Les femmes ont jouĂ© un rĂ´le essentiel pour propager, enrichir et dĂ©fendre cette langue maternelle au QuĂ©bec?

Qu’est-ce qu’une langue maternelle?

Ce terme fait référence à la première langue utilisée par l’enfant et certains l’appellent parfois la langue du cœur2, appellation qui décrit l’amour qui se crée très tôt entre la mère et son enfant et la construction du langage. D’ailleurs, une étude récente montre que les bébés commenceraient à se familiariser avec la langue de leur mère dès la 30e semaine de grossesse. Quelques heures après leur naissance ils peuvent déjà reconnaître leur langue maternelle d’une langue étrangère.3

La Nouvelle-France : les femmes et la conservation du français

Arrivé au Québec avec ses premiers colonisateurs qui ont longtemps nommé notre territoire la Nouvelle-France, le français s’est transmis de génération en génération et les femmes y ont joué un rôle de première importance. Les plus connues sont les fondatrices des communautés religieuses qui ont fait preuve de beaucoup de détermination et d’autonomie pour mener à bien leurs entreprises et atteindre leurs buts.

•             Marie Guyart, mieux connue sous le nom de Marie de l’Incarnation; arrivĂ©e Ă  QuĂ©bec en 1639, elle fonde les Ursulines de la Nouvelle-France destinĂ©es Ă  l’éducation des fillettes autochtones et françaises; parmi ses nombreuses fonctions, notons qu’elle fut tour Ă  tour collectrice de fonds, ambassadrice, interprète et enseignante;

•             Marie Guenet, Anne Le Cointre, et Marie Forestier, de la communautĂ© religieuse des Augustines fondèrent l’HĂ´tel-Dieu de QuĂ©bec en 1639, premier hĂ´pital du nord du Mexique;

Mlle Mance 1642, Fondatrice / Hospitalière de Saint-Joseph XVIIe siècle. HĂ´tel Dieu de MontrĂ©al.
© Bibliothèque et Archives Canada, no d’acc 1933176

•             Jeanne Mance, infirmière d’expĂ©rience, cofondatrice de MontrĂ©al en 1642 avec Maisonneuve, partage avec ce dernier le travail dans la colonie : Maisonneuve s’occupe des affaires extĂ©rieures, Jeanne Mance de la gestion quotidienne de la colonie; fonde en 1646 l’HĂ´tel-Dieu de MontrĂ©al dont elle est l’intendante, la trĂ©sorière et la gestionnaire; 4

•             Marguerite Bourgeois, première enseignante de MontrĂ©al et fondatrice de la CongrĂ©gation de Notre-Dame de MontrĂ©al (WikipĂ©dia) ouvrira une première Ă©cole dans une Ă©table abandonnĂ©e et ses Ă©mules françaises et amĂ©rindiennes fonderont Ă  leur tour d’autres Ă©coles dans les villages amĂ©rindiens et au sein de la population paysanne Ă©tablie;

•             Soulignons enfin l’importance des Filles du roi; comme la population compte 6 fois plus d’hommes que de femmes, Jean-Talon demande au roi de lui recruter des femmes cĂ©libataires pour augmenter les naissances; ces 770 femmes cĂ©libataires, d’âge moyen de 24 ans, immigreront en Nouvelle-France entre 1663 et 1673 et contribueront durant cette pĂ©riode Ă  faire tripler la population : de 3 000 Ă  près de 9 000 habitants;

Les filles du roi : illustrateur Charles William Jefferys

un héritage important laissé par ces filles sera l’homogénéisation rapide du français dans la colonie : comme 47 % des colons proviennent de régions où le patois est prédominant, son usage est répandu en Nouvelle-France; l’arrivée des Filles du roi contribuera à l’homogénéisation et à l’adoption du français comme langue maternelle dans la colonie.5 0

Essor au XXe siècle

Les femmes poursuivirent leur engagement dans l’éducation. En 1829, le gouvernement du Québec adopta l’Acte éducation populaire du Québec qui donna naissance aux écoles de rang. Pendant plus de 150 ans, les enfants issus du milieu rural purent fréquenter jusqu’à leur septième année ces écoles et apprendre les matières de base comme le français, l’arithmétique, l’histoire et la géographie. Notons qu’il y eut environ 4 000 écoles de rang durant cette période.

Il va sans dire que l’âme de ces écoles était l’institutrice à qui les parents vouaient une très grande confiance et qu’elle était une des personnes les plus respectées dans la paroisse. Totalement dédiée à son travail, on comptait surtout sur son dévouement pour bien éduquer les enfants, mais ses conditions de travail et son salaire étaient minables. On l’obligeait même à quitter son poste lorsqu’elle se mariait!7

L’histoire fourmille de militantes qui luttent pour faire reconnaître leur place dans la société et se battent bec et ongles pour faire respecter et évoluer notre langue. En voici quelques-unes qui ont laissé des traces indélébiles et d’autres qui, aujourd’hui, travaillent pour revendiquer leurs droits et une place prépondérante au français.

Idola Saint-Jean compte parmi les féministes pionnières du Québec
PHOTO : ARCHIVES DE LA VILLE DE MONTRÉAL

•             Idola Saint-Jean (1880-1945), militante fĂ©ministe, elle oeuvre au cĹ“ur du mouvement pour le droit de vote des femmes;

•             ThĂ©rèse Casgrain (1896-1981), première femme cheffe de parti politique au QuĂ©bec;

•             Madeleine Parent (1918-2012) Ă  la tĂŞte du mouvement de syndicalisation des usines de la Dominion Textile;

•             Isabelle Boisvert, femme d’action au-delĂ  du handicap;

•             Yasmina Chouakri, voix pour les femmes immigrantes;

Photo collection Michèle TaIna Audette

•             Michèle Taina Audette, porte-parole pour les femmes autochtones;

•             Pauline Marois, première femme première ministre du QuĂ©bec;

•             Françoise David, militante fĂ©ministe au cĹ“ur de la mise sur pied de la Marche mondiale des femmes;

•             Martine Desjardins et Jeanne Reynold, militantes de la relève.

Vous aimeriez en connaître un peu plus sur ces femmes? Lisez l’article sur ce sujet. Voir la note 8.

Aujourd’hui, de nombreuses femmes francophones travaillent d’arrache-pied pour maintenir et dĂ©velopper une langue française de qualitĂ©. Quel que soit leur mĂ©tier ou leur profession, elles dĂ©fendent souvent la langue, surveillent et dĂ©noncent l’utilisation d’anglicismes et de conversations trop souvent dans un français mal structurĂ© ou calquĂ© sur l’anglais. Elles ont de nouveaux dĂ©fis Ă  relever dans ce domaine et il y a encore beaucoup de pain sur la planche pour celles qui voudront bien y travailler!  Car comme le disait si bien Robert Cliche, porte-parole de l’AnnĂ©e du français au QuĂ©bec en 1978 :

Le français, je le parle par cœur!

Sources

-Rapport de l’Organisation internationale de la francophonie, La langue française dans le monde 2018, https://www.auf.org/nouvelles/actualites/presentation-de-ledition-2019-de-la-langue-francaise-dans-le-monde/

-Noel Pearson, avocat australien et militant des droits aborigènes, article intitulé

-Importance du multilinguisme en Australie, dans http://thebilingualadvantage.com/2014/01/27/limportance-de-la-langue-maternelle/

-Jessica Blin, L’avantage bilingue, http://thebilingualadvantage.com/fr/, article intitulé L’importance de la langue maternelle

-Jeanne Mance, Musée Pointe-à-Callières, https://pacmusee.qc.ca/fr/histoires-de-montreal/article/jeanne-mance-cofondatrice-de-montreal/

-Yoann Sionneau, Filles du roi, mères de la nation québécoise, Encyclopédie du patrimoine culturel de l’Amérique française, http://www.ameriquefrancaise.org/fr/article-734/Filles_du_roi,_m%C3%A8res_de_la_nation_qu%C3%A9b%C3%A9coise.html#.Xh45lMhKiM8.

-Jean Noël, Les femmes en Nouvelle-France, Société historique du Canada, Brochure historique no 59.

-Laprise, Mercier, Trépanier, Nos Origines- FRANÇAIS- Écoles de rang au Québec de 1890 à nos jours, http://laprisemerciertrepanierorigines.blogspot.com/2015/02/ecole-de-rang-au-quebec-de-1890.html, 24 février 2015

-Astou Niang, Femmes au pouvoir et militante d’hier à aujourd’hui, Centre de documentation sur l’éducation des adultes et la condition féminine (CDÉACF)

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