LE MASQUE : muselière à la démocratie !

CHRONIQUE /

Samedi dernier vers 15h30 le parvis de l’église de Val-David dans les Laurentides, recevait comme tous les autres samedis, une dizaine de manifestants qui revendiquaient la démocratie, le droit d’être libre et le droit – d’être – en somme.  

Ils ont entre 30 et 70 ans et brandissent leurs pancartes dont les slogans réclament l’intégrité, le libre-choix, le respect de la démocratie et qui dénoncent la pseudo-pandémie et les mensonges du gouvernement. Ils font partie des 5% qui savent sur quels sites Internet se trouve la vérité.

Comme l’expliquait un jeune homme de Trois-Rivières à un journaliste du Soleil, lors de la grande manifestation anti-masque qui a eu lieu à Québec le 23 août 2020, «La population se compose des 1 % qui contrôlent le monde, de 95 % d’endormis et de 5 % qui savent. Ceux-là doivent réveiller les 95 % qui dorment.»(1)

Sur le parvis de l’église, une femme dans la trentaine prend un ami par le cou et lui transmet abondamment ses aérosols. Mais comme la COVID n’existe pas…

En fouillant un peu pour savoir de quoi il retourne sur les anti-masques de Berlin à Madrid en passant par Québec et Montréal, je découvre que le mouvement est né aux États-Unis, au plus fort de l’épidémie de grippe espagnole, il y a 100 ans. En octobre 1918, San Francisco se fait la ville championne des contestataires qui décrit le masque obligatoire à quatre épaisseurs. Les contrevenants s’exposent à 10 $ d’amende [150 $ en argent d’aujourd’hui] ou à 10 jours de prison. Dans la seule journée du 9 novembre 1918, plus de 1000 personnes sont arrêtées.(1)

En janvier 1919, une Ligue anti-masque est fondée. Des milliers de personnes participent à ses assemblées, y compris de nombreux médecins. Les «anti» dénoncent le masque comme une «muselière» et un «nid à microbes». Plusieurs estiment qu’il représente un danger. Dans les commerces, les engueulades se multiplient…(1)

À la fin, San Francisco se «distinguera» comme l’une des villes américaines les plus touchées par la grippe, avec plus de 3000 morts.(1)

Cette pandémie a fait de 20 à 50 millions de morts selon l’Institut Pasteur, et peut-être jusqu’à 100 millions selon certaines réévaluations de 2020, soit 2,5 à 5 % de toute l’humanité. (2)

Sur le parvis de l’église donc, je tente d’interviewer une jeune femme pour comprendre où elle se situe, quelles sont ses sources et ses lectures ? Bref comprendre. J’engage la conversation avec elle en lui faisant part du fait que ma sœur a été aux soins intensifs pendant presque 10 jours, qu’elle ne retenait que 40% de son oxygène et que nous sommes passés à un cheveu de la perdre. Pour toute réponse, la jeune femme se cache le visage derrière sa pancarte et dit à un jeune homme à côté d’elle : un jour elle finira par comprendre (en parlant de moi bien sûr). Ce dernier me rétorque : votre sœur a probablement eu un rhume. UN RHUME!

Fin de la discussion.

Un des propriétaires du Baril Roulant vient les avertir que trois autos de police vont arriver. La jeune femme rit. On est habitués dit-elle. Ils viennent tous les samedis. Parce qu’en effet, ces anti-masques de Val-David et d’ailleurs, prônent que le masque est une muselière à la démocratie. Ils sont fidèles au rendez-vous tous les samedis même heure, même poste depuis plusieurs semaines.

Je ne conterai pas à ma sœur que la COVID été inventée par les médecins et infirmières pour lui faire peur et en qu’en réalité il s’agissait d’un gros rhume.

Heureusement, elle s’en sort tranquillement. Elle respire péniblement, mais elle respire! La vie a repris ses droits. Merci la vie!

Quant à la démocratie, il faudra un jour qu’on ait une bonne discussion elle et moi pour savoir où elle commence, où elle finit et surtout ce qu’elle veut dire.

  1. Source, Jean-Simon Gagné, Le Soleil
  2. Wikipédia
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