Le pouvoir alternatif

ÉDITORIAL

Le thème pour cette publication de notre journal porte sur les modes alternatifs. J’ai donc choisi de vous parler du pouvoir alternatif aussi appelé le contre-pouvoir. Le contre-pouvoir est un pouvoir contre qui s’organise face à une autorité établie. Ce peut être une force politique, économique ou sociale et son rôle a pour effet de restreindre l’exercice du pouvoir en place et de proposer une alternative aux décisions d’une autorité (Wikipédia). Ce pouvoir alternatif ou contre-pouvoir a un rôle fondamental dans l’évolution des aspirations d’une société. Il agit comme influenceur sur les gens afin de faire changer les choses. Le contre-pouvoir ou pouvoir alternatif est essentiel pour une saine démocratie.

Dans le monde étudiant nous avons connu le contre-pouvoir avec le printemps érable (en 2012) qui a donné lieu à plusieurs manifestations. Ses porte-paroles ont multiplié leur message à la population ainsi qu’au gouvernement. Par leur force de frappe, ils ont mobilisé une grande majorité de la population autour de leurs revendications.

Dans le milieu syndical, ce contre-pourvoir est exercé la plupart du temps par les syndicats. Ces derniers jouent un rôle essentiel afin de contre-balancer les décisions des employeurs qui sont parfois inéquitables ou encore pour faire valoir de nouvelles demandes. Les syndicats doivent a priori mobiliser leurs membres via des assemblées d’informations, des messages courriel, des tracts, etc. Si les syndicats sont dans le domaine public, ils doivent aller chercher l’appui de la population. Toutes ces démarches servent à influencer, d’un côté comme de l’autre, afin de faire valoir les aspirations des membres et réussir à améliorer les conditions de travail. Par exemple, les syndicats ont réussi à influencer les gouvernements quant à la réduction des journées de travail pour en arriver à la semaine de cinq jours, ils ont fait mettre en place des règles de santé-sécurité au travail, le congé parental et l’augmentation des semaines de vacances pour ne nommer que ces réussites.

Dans le milieu politique, ce sont les partis d’opposition ou les regroupements de citoyens qui exercent ce contre-pouvoir. Il est primordial pour toute démocratie d’avoir un contre-pouvoir ou un pouvoir alternatif afin de challenger certaines décisions et forcer les acteurs politiques à faire le tour de la question, afin de prendre les meilleures décisions pour le bien impératif de la majorité des citoyens. Certaines petites municipalités croient que tous les élus doivent penser de la même façon et ne permettent pas de dissidence. Ainsi, lorsqu’il y a un désaccord entre les élus, le sujet n’est tout simplement pas mis à l’ordre du jour de l’assemblée du conseil afin de présenter une image artificielle d’harmonie au détriment de la démocratie. Ce genre de comportement est dangereux pour la démocratie d’une municipalité ainsi que pour toutes autres organisations qu’elles soient politiques, syndicales, issues du monde des affaires, etc.

Les multiples organisations de la société civile ont le pouvoir d’agir dans un sens ou dans l’autre. La société civile désigne un large éventail d’organisations non gouvernementales et à but non lucratif qui animent la vie publique. Elles peuvent être religieuses, scientifiques, environnementales, etc. Elles représentent les valeurs et les intérêts de leurs membres. Elles réussissent à influencer en faisant de multiples interventions auprès de la population en espérant convaincre la majorité pour faire évoluer la société dans un sens ou dans l’autre. Leur puissance est essentiellement fondée sur la capacité à faire adhérer une majorité de personnes en organisant de larges diffusions ou manifestations. Nous le vivons chaque jour via des organisations comme Greenpeace, Équiterre, Avaaz international, Amnesty International, Oxfam international, etc. Plus près de nous, il y a des organismes comme le comité de chômage de Montréal, le Conseil national des chômeurs et chômeuses, les syndicats, la Ligue des droits et libertés, le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), etc. Ces organisations essentielles permettent de nous faire notre propre idée et ainsi maintenir une saine démocratie.

Pour une saine démocratie, nous devons maintenir le pouvoir alternatif ou le contre-pouvoir.

Partagez nos articles !
Vous avez aimé cet article ? Partagez-le.

Laisser un commentaire