L’engagement citoyen: portrait de Marc Blais

En toute transparence et connaissance, sa femme, Louise Arbique

Un profond sentiment d’appartenance à son village

Ce n’est pas d’hier qu’il s’implique à Val-David, ce n’est pas d’hier qu’il veut son village fort, beau et fier. Ce n’est pas nouveau que Marc Blais questionne, dénonce et dérange. Depuis 40 ans, il n’a pas hésité à le faire, chaque fois qu’il a senti que c’était nécessaire, chaque fois qu’il a senti venir des dérapages. Ce n’est pas d’hier qu’il a décidé qu’il ne ferait pas partie du club des : j’aurais donc dû et des si j’avais su!

Résumé d’une entrevue avec Marc Blais.

Il a 20 ans et étudie en éducation physique, la première fois qu’il escalade les parois de Val-David, la première fois qu’il laisse son empreinte sur le roc de granit de ce petit coin des Laurentides qui deviendra son village et Dieu sait que depuis 40 ans il y a finalement gravé sa marque. Car Marc est de ces hommes qui s’impliquent, qui questionnent dans le doute, qui affirment leur position et qui posent les gestes qu’ils croient être les bons. Il est de ces hommes qui ne reculent pas devant un défi et qui plongent dans la vérité des choses sans se laisser détourner de leur route.Alors qu’il est jeune professeur et plein d’ambition, il entreprend avec son grand ami, Pierre Gougoux et des compagnons tels Normand Cadieux, Hubert Morin et Jean-François Gagnon, plusieurs expéditions en escalade et à ski tant sur le Saguenay que dans les monts Torngat où en 1974, ils réussissent la première traversée hivernale de ces Alpes québécoises.

Puis l’année suivante, ils font des ascensions au Cap Trinité, dont la première hivernale en 1975. Ces expéditions lui font réaliser qu’il ne connaît pas le premier mot de son pays. Il découvre que son pays se définit par ses grands espaces vierges. Il poursuit sa quête, sa soif de découvertes et traverse à ski l’île Ellesmere puis retourne aux monts Torngat. Le froid, la neige, les immensités blanches se nichent au plus profond de son imaginaire. Sa voie devient claire, il fera connaître ces régions, car c’est notre pays, nos racines qui s’étendent jusqu’à ces terres magnifiques faites de froid et de glace. Il quitte l’enseignement et réalise plusieurs films sur des expéditions qu’il présente dans les tournées de ciné-conférences des Grands explorateurs. Par ces films, il désire rapprocher les gens de leur pays. Il réussit si bien que la Commission de la Capitale nationale à Ottawa lui décerne le prix prestigieux de l’Astrolabe des explorateurs canadiens décerné à ce jour à quatre personnes seulement.

Mais il ne s’arrête pas là. Il veut maintenant transmettre son amour de l’hiver et des sports de plein air. Pendant plusieurs années, il crée et anime des séries télévisées pour toute la famille telles que : Oxygène, Bottines et boussole, Gamelle et sac à dos, diffusées sur les grandes chaînes de télévision. Et pendant tout ce temps, il court et parcourt les sentiers de Val-David. Un constat s’impose rapidement, les terrains des Dufresne offrent un potentiel inouï. D’ores et déjà un parc se dessine. Cependant, beaucoup de Val-Davidois ne connaissent pas la richesse des fôrets et du territoire de leur village. C’est pourquoi il décide avec ses complices du Club de plein air de Val-David (CPAVD) d’offrir gratuitement des cours d’escalade, de ski de fond et de télémark. Il souhaite rapprocher les gens du village de leur territoire et sensibiliser la population à l’importance d’empêcher les activités de plein air motorisées à Val-David comme la motoneige.

Il nous dit : « Parmi les moments mémorables survenus au cours des années 80, je pense aux motoneiges que nous avons interdites d’accès à Val-David. Imaginez le ski de fond et la motoneige tentant de cohabiter côte à côte! Parce qu’une poignée de citoyens se sont tenus debout et se sont battus becs et ongles pour que les motoneiges n’entrent pas à Val-David, aujourd’hui notre village est le seul endroit au Québec où la motoneige et les véhicules motorisés de style VTT sont interdits. Il poursuit : « Avec le CPAVD, nous avons développé le potentiel de Val-David de devenir la capitale de l’escalade dans l’est du Canada et nous avons sans relâche fait connaître Val-David et ses parois d’escalade, ses pistes de ski de fond et de télémark à la radio, la télévision et les journaux. Dans les années 80-90, pendant une certaine période, il ne se passait pas une semaine sans que les médias ne parlent de l’un ou l’autre des aspects culturels ou sportifs de Val-David. Puis, des années plus tard, après bien du travail et des péripéties, naît le parc Dufresne. Le Parc est pour moi, l’histoire des citoyens de Val-David qui décident d’acheter leurs montagnes et de les protéger pour les donner à la postérité. Une des plus belles histoires que je connaisse ».

Notre village aujourd’hui

Pour Marc, notre village vit une crise qui compte parmi les pires de son histoire du moins depuis qu’il est ici. S’il a décidé de s’y impliquer de nouveau, NON ce n’est pas par vengeance! dit-il à ses détracteurs, en riant. Marc n’a pas besoin d’un motif aussi sombre pour témoigner de son attachement à son village et son histoire en témoigne. Une fois de plus Marc travaille avec un groupe de citoyens qui veulent un village en santé, où toutes et tous sont traités avec équité et justice. Un village bien géré et une municipalité responsable qui ne jette pas l’argent des citoyens par les fenêtres. Donc, une fois de plus, il s’implique, dénonce, questionne et dérange.

Il dit : « Je n’arrive pas à comprendre que des citoyens semblent approuver les agissements répréhensibles et ne participent pas à les dénoncer. Mais, heureusement, quand je vois que 350 citoyens ont signé une pétition pour la réouverture du contrat avec le Marché d’été de Val-David, je me dis que finalement ces idées font leur chemin! »Marc termine en disant que « les fonds municipaux ne sont pas un buffet où les amis et partenaires de la municipalité peuvent se servir à leur guise ». Selon lui, « une fois que nous serons libérés de certains élus que l’on traîne depuis trop longtemps, comme un boulet, nous pourrons regarder en avant et redevenir un village où l’espoir est maître. C’est à ce moment que nous pourrons tourner la page ». Et ce jour-là, il retournera à sa passion : le Parc, secteur Dufresne, que Marc travaille déjà à agrandir. Avec quel argent? Ce sera matière à un autre article.

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