L’énigmatique relation entre la Municipalité et le Marché de Val-David.

Photo de couverture de Courtoisie du Journal Accès

La majorité des citoyens reconnaissent que Diane Séguin, fondatrice de l’OBNL Marchés d’ICI fait un travail remarquable et que le marché est dirigé de main de maître. C’est un marché festif où les gens se retrouvent, prennent un café ou une bouchée et l’espace d’une heure ou deux, profitent d’un beau moment.

LÀ N’EST PAS LA QUESTION!

La question est que ce marché coûte cher aux citoyens de Val-David, et ce depuis des années. La question est que la Municipalité accepte de verser des sommes faramineuses en argent et en services au Marché d’ICI, et si certains citoyens sont d’accord parce qu’ils aiment aller se distraire au marché le samedi matin, d’autres ne le sont pas.

Pourquoi? Parce que ce marché si joli soit il a coûté au-delà d’un demi-million de dollars en installations de toutes sortes, et ce, en quelques années à peine. Parce que la Municipalité octroie au Marchés d’ICI des montants musclés en argent et en services année après année même si c’est illégal.

Vous avez dit ILLÉGAL?

Le journal LE ZigZag a reçu de madame Sylvie Parent, ex-citoyenne de Val-David, une lettre que le Ministère des Affaires municipales et de l’Habitation (MAMH) lui a fait parvenir à la suite d’une enquête qu’elle avait menée sur le Marché de Val-David. Cette lettre signée par le commissaire du MAMH nous apprend que les lois municipales ne permettent pas à la Municipalité d’accorder de l’aide à un organisme à but non lucratif qui exploite un marché public.

Un citoyen de Val-David, monsieur Jean-François Julien, interpellé par la lettre du MAMH, s’est empressé d’écrire1 à la mairesse Kathy Poulin pour lui exprimer son incompréhension. Voici en résumé ce qu’il en dit:

«Comme j’ai pu constater hier soir, lors de la période de questions [de l’assemblée publique d’avril], que le Marché semble être une question de vie ou de mort pour Val-David. Ne constatez-vous pas qu’il y a une certaine contradiction à vouloir le Marché et vouloir également que les touristes restent chez eux pour notre sécurité? Je suggère donc que pour cet été, on annule le marché traditionnel pour le remplacer par un [marché] du genre de celui de Granby. On verra bien si le village survit.»

M. Julien s’interroge ensuite sur l’autonomie alimentaire du village :

«[…] elle sera préservée et même améliorée, car les touristes alimentaires s’approvisionneront dans leur région, et tout le monde et la planète ne s’en portera que mieux.»

En moins de dix minutes, Kathy Poulin lui répondait ceci1 :

«Vous serez heureux d’apprendre que tous les marchés publics au Québec sont effectivement en train d’explorer différents scénarios pour respecter les mesures en place pour éviter la propagation du virus.»

Mais la mairesse ajoute une note incompréhensible, voir l’entente ci-dessous :

«Cependant, encore faudra-t-il qu’il soit possible pour la Municipalité de poursuivre l’entente actuelle avec l’OBNL du Marché ou en signer une nouvelle.»

Même si c’est illégal?

A) LE ZigZag a regardé de près le contrat passé entre la Municipalité et Marchés d’ICI dont vous trouverez les pages centrales en copie plus bas.

Le contrat de la Municipalité de Val-David détaille les sommes versées et les services offerts par la Municipalité de 2017 à 2020 à l’OBNL Marchés d’ICI ainsi que la contrepartie. Nous pourrions résumer ce contrat en disant : un cheval/un lapin, le cheval étant donné par la Municipalité. Jugez par vous-mêmes.

B) Dans un deuxième temps, nous avons rejoint 4 des 5 municipalités desservies par les Marchés d’ICI pour connaître la teneur de leurs ententes.

Quant aux municipalités rejointes, deux nous ont dit donner une subvention en argent de l’ordre de 20 000 $ plus des services, tandis que les autres ne semblent pas fournir d’argent, leur contribution se limitant à des services comme des gloriettes, un terrain, l’électricité et de la promotion.

Voici quelques données datant de 2016 (Statistiques Canada)

Une des municipalités qui subventionne Marchés d’ICI à hauteur de 20 000 $, comptait autour de 6 000 citoyens.

L’autre municipalité en comptait 20 276. Une proportion de 48 % de cette population pouvait compter sur un revenu de 50 000 $ et plus, dont 26 % touchaient 100 000 $ et plus.

La population de Val-David était de 4 917 citoyens en 2016 et le revenu médian des ménages de deux personnes était de 51 307 $.

Pourtant, malgré une population 4 fois moins élevée et des revenus pratiquement deux fois plus faibles, notre municipalité verse cette année, plus de 23 300 $ dollars à Marchés d’ICI en plus d’un ensemble de services dont la valeur se chiffre à environ 100 000 $ par année. Selon notre calcul, la location des gloriettes rapporte au Marché environ 54 000 $ par été. Regardez cela par n’importe quel bout de la lorgnette, ce 54 000 $ ne devient-il pas une subvention qui s’ajoute au 23 300 $?

Il aura fallu qu’une citoyenne de Val-David, qui s’est fait traiter de chialeuse à plusieurs reprises parce qu’elle questionnait les mauvaises pratiques de la mairie, sonne l’alarme auprès du Ministère qui lui a confirmé l’illégalité de la situation.

Comment se fait-il que personne à la municipalité, conseillers municipaux, administrateurs et fonctionnaires n’ait jamais signalé cette irrégularité et levé le drapeau rouge?

Et pendant au moins 12 ans, les citoyens ont payé alors qu’ils auraient pu avoir un marché public qui ne coûtait rien, comme la plupart des municipalités au Québec.

La Municipalité de Val-David a-t-elle vraiment les moyens de ses ambitions? Bien sûr que non! Sinon elle n’aurait pas augmenté les taxes municipales de 15 % en deux ans. Du jamais vu! Il faut dire que Kathy Poulin a avoué préférer augmenter les taxes plutôt que de diminuer la qualité des services aux citoyens. On peut facilement imaginer que la qualité des services passe entre autres par les subventions au Marché.

Taxe spéciale pendant la Covid-19

L’endettement augmente depuis trois ans et les surplus ont été dépensés. Faut-il s’étonner que Kathy Poulin ait annoncé lors de la dernière assemblée municipale, un emprunt de 1 850 000 $ pour la voirie, emprunt que les citoyens de Val-David paieront via une taxe spéciale!

Vous avez bien compris, UNE TAXE SPÉCIALE en un temps où plusieurs perdent leur emploi, que de petits entrepreneurs ne se relèveront pas du confinement et que des personnes retraitées regardent fondre leur REER comme neige au soleil.

En conclusion

À la lumière de toutes ces informations comment explique-t-on que la Municipalité persiste à subventionner Marchés d’ICI même dans l’illégalité?

Que cache donc cet acharnement à vouloir à tout prix financer Marchés d’ICI?

Finalement, est-il responsable de tenir un marché public l’été prochain? On sait que la population double pendant les vacances à Val-David et on sait que le marché de Val-David est axé principalement sur le tourisme. Accueillerons-nous des milliers de visiteurs venus de Montréal et des environs, régions qui sont l’épicentre de la Covid-19?

La municipalité s’est-elle renseignée sur le nombre de citoyens atteints d’une maladie auto-immune comme le cancer, la polyarthrite rhumatoïde, la sclérose en plaques et le diabète? Ce sont des gens à risque élevé de mourir s’ils sont infectés? Devront-ils rester enfermés?

Et que doit-on comprendre du silence de nos conseillers? Qu’ils approuvent tout cela?

Une énigme à résoudre pour Miss Marple ou Hercule Poirot!

Pour lire l’intégralité des documents:

1 Lettre de Jean-François Julien

2 Marché de Val-David; contrat 2017 à 2020

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