Changer le monde?

Le 22 avril dernier, nous soulignions le Jour de la Terre. Un jour par année pour faire le point et prendre l’occasion de remettre en question une multitude de nos habitudes de consommation et de notre mode de vie. Rien d’encourageant. Une journée pour changer le monde! Même si depuis plusieurs années, on nous sensibilise par le biais de nombreux rapports de recherches scientifiques sur les menaces liées au réchauffement climatique, le virage vers les énergies propres tarde à se faire.

« Si nous ne changeons pas d’orientation d’ici 2020, nous risquons […] des conséquences désastreuses pour les humains et les systèmes naturels qui nous soutiennent », déclarait Antonio Guterres à son discours à l’ONU en septembre 2018.

Le Jour du dépassement : un paramètre important

On calcule annuellement le Jour du dépassement depuis les années 1970. Chaque année, la date du Jour du dépassement revient plus rapidement; 1970 : 29 décembre; 1999 : 29 octobre; 2019 : 29 juillet. À cause de la covid-19, en 2020 le Jour du dépassement était 13 mois plus tard qu’en 2019, soit le 22 août.

Les principales causes de l’arrivée toujours de plus en plus hâtive de la date du Jour du dépassement sont :

  1. La déforestation;
  2. La surexploitation agricole;
  3. La surpêche;
  4. Nos émissions de gaz à effet de serre issues de la combustion d’énergie fossile.

La surexploitation agricole, la déforestation et les émissions de gaz à effet de serre (GES) sont tous des éléments responsables des changements climatiques.

Le climat : le définir c’est le comprendre

Le climat est un ensemble de phénomènes naturels qui sont différents d’un endroit à l’autre sur la planète. Le climat représente notamment les conditions météorologiques telles que les précipitations de pluie et de neige, les sécheresses et autres qui affectent les écosystèmes en place dans un lieu précis. Ces dernières impactent le quotidien de tous les êtres vivants qui y habitent. Les phénomènes du climat se manifestent parfois sur de plus longues périodes, selon les saisons du coin de planète étudié ou sa localisation. Les zones climatiques,qu’elles soient tropicales, arctiques, tempérées, désertiques ou autres, déterminent :

  • l’environnement naturel composé d’arbres, de plantes et d’animaux que l’on trouve dans un endroit donné;
  • les conditions d’existence et les besoins des êtres vivants, que l’on parle du chauffage, de la climatisation, ou de la protection contre les intempéries;
  • finalement, le type d’activités économiques humaines qu’on y mène par exemple, l’agriculture, la foresterie, la production d’énergie, la navigation pour ne nommer que ceux-là.

La spirale du changement climatique

Ainsi, la mouvance du climat ne date pas d’aujourd’hui. La différence est qu’aujourd’hui, les changements se font à la vitesse grand V, car ces modifications sont dues à une augmentation de la température globale planétaire. Bien que ce phénomène se manifeste différemment selon les régions, chose certaine, personne n’y échappe.

Il est scientifiquement démontré que depuis 200 ans l’industrialisation a provoqué le réchauffement de la Terre. Le rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat(GIEC), dont le résumé se trouve à l’adresse mentionnée plus bas, parle haut et fort. Dans ce rapport, les observations finales ont permis d’affirmer que les liens entre l’activité humaine et le réchauffement climatique sont extrêmement probables :

« L’influence de l’homme sur le système climatique est manifeste et aujourd’hui, les émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine sont les plus élevées jamais observées. Les changements climatiques récents ont eu de larges répercussions sur les systèmes humains et naturels ». – GIEC, Changement climatique 2014 : Rapport synthèse

Concrètement, la multiplication des changements climatiques est suscitée par l’amplification de la concentration des GES provenant principalement de la combustion des carburants dans l’atmosphère.

Quant à l’effet de serre, il s’effectue par le rayonnement solaire. Quand le rayonnement atteint le sol, il apporte de la chaleur qui est dirigée à son tour en direction de l’atmosphère. Les rayons solaires normalement réfléchis (albédo ou effet de miroir) par l’air, les nuages blancs et la surface claire de la Terre, sont aujourd’hui captés et, bien évidemment, se retrouvent prisonniers de notre atmosphère, ce qui forme une sorte de serre où la chaleur s’accumule et où les parois bloquent les retours convectifs entre l’intérieur et l’extérieur.

Les signes du réchauffement climatique

Parmi les signes avérés du réchauffement climatique, on reconnaît que chacune des trois dernières décennies a été plus chaude que la précédente. Et les 30 dernières années furent les plus chaudes depuis 1850. Le niveau de la mer a aussi augmenté en moyenne de 19 cm entre 1901 et 2010. Ce phénomène a doublé de vitesse au cours des deux dernières décennies. Si on ne réussit pas à empêcher la température globale de la planète d’augmenter de 3 °C, les experts du climat de l’ONU attestent que la ville de Québec sera engloutie d’ici la fin du siècle. D’ailleurs, les températures du sud du Québec ont augmenté de 0,2 °C à 0,4 °C par décennie entre 1960 et 2005.

Par ailleurs, les eaux du Saint-Laurent sont de plus en plus acides. Ce phénomène est provoqué par les rejets des entreprises industrielles et agricoles, mais surtout par les changements climatiques. Les chercheurs estiment que, si rien ne change, aucune forme de vie ne pourra habiter les eaux profondes du Saint-Laurent d’ici 50 ans. 

En gros, les impacts du réchauffement climatique sont dramatiques et les émissions de GES continuent de s’accumuler dans l’atmosphère. Les modèles climatiques prévoient que la température de la planète augmentera encore d’ici 2100.Sans une réduction radicale des émissions de GES, les changements climatiques se poursuivront et pourraient aggraver la fréquence et l’intensité d’évènements météorologiques extrêmes:

  • sécheresses intenses,
  • pluies diluviennes,
  • tempêtes tropicales,
  • ouragans et autres.

Les changements climatiques ont un effet direct sur plusieurs activités humaines :

  • élevages et récoltes : baisse des productions agricoles;
  • santé publique : smog, vagues de chaleur, incendies de forêt, moustiques, maladies infectieuses, allergies;
  • mode de vie : érosion des berges, raréfaction hydrique;
  • activités commerciales et industrielles : difficultés d’approvisionnement en ressources et en énergies.

Les gestes réparateurs à poser

Tout n’est pas perdu, croit Geneviève Aude Puskas, chargée de projet chez Équiterre. Si nous mettons les efforts nécessaires pour réduire nos émissions, il est possible de limiter l’augmentation de la température mondiale. « C’est une responsabilité partagée : les citoyens doivent agir, mais aussi les entreprises et les politiciens », souligne-t-elle.

Au Québec, le transport routierest le secteur d’activité qui émet le plus de GES, soit 43,3 % des émissions. Il est donc conseillé d’opter pour le transport en commun, actif – marche, trottinette, planche à roulettes, vélo et autre –, ou l’achat d’une petite voiture, idéalement hybride ou électrique.

Quant au transport aérien, il est responsable de 2 % des émissions mondiales de CO2, selon l’Association internationale du transport aérien (IATA). Quant à nos prochaines vacances, il importe de privilégier une destination près de chez nous, au Québec ou dans une province voisine. On peut également choisir de prendre des vacances à la maison et de redécouvrir les attraits de sa région tout en encourageant l’économie locale. Si nous devons prendre l’avion, choisir un vol direct et un siège en classe économique. Ce dernier possède une empreinte carbone de 3 à 4 fois moins importante qu’une place en première classe.

L’alimentation

Selon des chercheurs de l’université de Californie à Berkeley, l’alimentation compte pour 10 à 30 % de l’empreinte carbone d’un foyer. Ce que l’on mange possède un impact direct sur notre empreinte. La production de viande, particulièrement celle des ruminants, engendre beaucoup plus de GES par leur processus digestif qui génère du méthane, un gaz au potentiel de réchauffement planétaire 25 fois plus élevé que celui du CO2. Toutes les productions de viande requièrent la culture de végétaux pour nourrir les animaux et pour gérer leurs déjections. Cela contribue aussi à l’émission de GES. Le poulet est un bon compromis, son empreinte carbone étant relativement faible. Pour diminuer l’empreinte carbone de notre alimentation, réduisons notre consommation de viande et faisons plus de place aux végétaux : fruits, légumes, céréales et légumineuses. Et autant que possible, achetons des aliments produits localement.

La consommation générale et l’achat local

On peut aussi réduire notre consommation de produits en général. Car la fabrication et le transport de ces derniers entraînent beaucoup de GES. Donc en achetant moins de produits neufs qui viennent de régions éloignées et en se procurant des objets provenant de brocantes, on participe à la diminution des GES.

Les pouvoirs publics doivent aussi agir. Par exemple, le gouvernement fédéral tarde à mettre en place de vraies mesures et continue d’exploiter les sables bitumineux sous des airs de relance verte. Spontanément, à tous les paliers, les gouvernements peuvent imposer des mesures favorables à la réduction des GES :

  • améliorer la gestion des déchets;
  • densifier les villes et les quartiers déjà construits;
  • favoriser l’achat local;
  • favoriser la rénovation;
  • limiter l’étalement urbain;
  • mettre en place des infrastructures pour du transport actif sécuritaire;
  • mettre en place du transport en commun et le rendre accessible;
  • protéger les espaces verts;
  • protéger les terres arabes;
  • rebâtir le système énergétique canadien;
  • revoir les normes de construction et imposer des nomes énergétiques supérieurs;
  • s’attaquer aux îlots de chaleur.

Conclusion

La crise sanitaire issue de la pandémie de covid-19 nous a permis d’observer que l’action humaine est bel et bien au cœur des changements climatiques. La diminution de nos activités a donné une pause à la planète. Aussi, force est de constater que la santé a un lien direct avec les changements climatiques. Par ailleurs, notre tendance à détruire les divers écosystèmes au profit de notre consommation amène les animaux à disparaître ou à migrer. Cette situation affecte certaines maladies propres à chaque espèce en devenant des zoonoses1 puisque leur hôte principal disparaît mais que la maladie se transmet dorénavant entre vertébrés dont les humains font partie. Ainsi, les bactéries, les virus et autres microorganismes pathogènes ont le dessus sur l’homme. Ils s’adaptent beaucoup plus facilement et rapidement que ce dernier. Dans ce sens, la nature aura toujours le dessus sur l’humanité.

Cependant, la question reste la même : que devons-nous faire maintenant ? N’est-ce pas la responsabilité de chaque être humain d’agir là où il le peut ? Là où il le doit ? Il va de soi que les petits gestes de milliards de personnes sont toujours indispensables, cependant, les grandes organisations écologiques et environnementales doivent réfléchir ensemble et donner à tous la ligne à suivre.


1 Zoonose – Les zoonoses sont des maladies ou infections causées par des virus, des bactéries, des parasites, des fungi et des prions qui se transmettent naturellement entre les animaux et les humains. La rage et la tuberculose sont des zoonoses.

SOURCES :

Partagez nos articles !
Vous avez aimé cet article ? Partagez-le.