Mais qui fait dérailler le P’tit Train du Nord?

LETTRE OUVERTE

Par: Alfred Pilon, citoyen de Val-Morin et du Québec.

Comme bien des citoyens, je me sens impuissant et frustré de voir tous les raccourcis pris par nos maires, la MRC et la corporation du Sentier Linéaire P’tit Train du Nord pour imposer la pose d’asphalte en lieu et place de l’actuelle poussière de roche, au cœur d’un milieu naturel qui se distingue par le magnifique parc régional Val-David-Val-Morin, la rivière du Nord et, entre les deux, la magie du sentier naturel patrimonial Le P’tit Train du Nord.

Plusieurs arguments et contre arguments touchant l’environnement et l’écologie, la sécurité, l’intégrité d’un territoire naturel, la protection des milieux de vie des résidents, l’entretien et les coûts ont fait l’objet de plusieurs publications officielles et non officielles dans un concert de voix désordonné mettant en scène d’un côté les promoteurs du projet, organisés et financés par e l’argent public et, de l’autre côté, des citoyens inquiets qui n’ont que les moyens du bord pour se faire entendre.

Jusqu’à présent les autorités en place ont totalement échoué le test d’une démocratie 101 où on devrait prendre en considération les inquiétudes légitimes d’une importante portion de la population. Ma perspective de citoyen inquiet : habituellement les contribuables peuvent avoir recours à des dispositions réglementaires et des forums pour véritablement faire valoir leurs points de vue, approuver ou contester des projets. Ici, pour une solution irréversible, zéro, rien.

C’est d’ailleurs souligné à grands traits par la directrice générale de la MRC des Laurentides qui, récemment, a candidement déclaré qu’ «au sens de la loi, on n’avait pas à faire de consultation publique» (sic)… Voilà qui a le mérite d’être clair. Et c’est effectivement ce plan de match, renforcé par une pandémie qui paralyse les institutions, qui a guidé les autorités dans leur stratégie du rouleau compresseur.

Le communiqué émis récemment, le 14 août dernier, par la MRC des Laurentides en est la synthèse. À trois jours du début des travaux, on nous reprend par la main pour nous expliquer qu’ils ont, en bons pères et mères de famille, fait le tour de la question et que ce projet est bon pour nous, durable, écologique, appuyé par des études, bref, formidable… On nous explique que la pétition «contenant un peu plus de 3000 signatures» (dans les faits près de 3500), «446 proviennent de citoyens du village de Val-David» (sic). On est content à la MRC, on vient d’induire que c’est finalement juste un peu de tapage d’un petit groupe de «bucoliques» (sic) d’un village réputé pour son militantisme…

Mais ce n’est pas ça. Je suis signataire et je ne suis pas dans les 446 signataires de Val-David. En fait j’habite à Val-Morin, à environ 700 mètres de la «frontière» val-davidoise, et je ne me sens pas disqualifié de mon droit d’opinion. Je fais partie de ces 3500 signataires qui vivent tout près du sentier linéaire ou ailleurs, cet ailleurs qu’on invite à venir accroître le nombre d’utilisateurs, cet ailleurs qui a autant de légitimité à exprimer son opinion. Ah, je comprends, c’est parce que la pétition a été remise à madame la mairesse de Val-David et au préfet de la MRC. Vous avez raison, cette pétition aurait dû être formellement remise à tous les maires concernés, à nos députés et ministres concernés, et peut-être même au système judiciaire par la voie d’une injonction. On a sûrement trop espéré que le bon sens triompherait et qu’on y apporterait une écoute en tout respect d’une frange importante d’une population qui s’inquiète.

Pourquoi? Parce que c’est un dossier sensible, qui suscite beaucoup de questions légitimes pour le bien-être d’une population, de ses familles, ses enfants, ses aînés, ses marcheurs, ses coureurs, ses cyclistes de tous âges. Parce que nous vivons une période sanitaire trouble où un virus s’attaque à la santé des personnes mais aussi à notre santé démocratique. Monsieur le maire de Val-Morin, mon maire, j’en profite pour vous interpeller puisque, sortant finalement de votre mutisme, vous nous interpeller à minuit moins une dans le communiqué de la MRC. «Avant d’appuyer ce projet de pavage, j’ai beaucoup questionné et j’ai obtenu de nombreuses informations qui m’ont convaincu. J’invite l’ensemble des citoyen(ne)s des villes et municipalités de la MRC des Laurentides à consulter, tout comme moi, les informations qui ont été mises à leur disposition. Ceci permet une opinion éclairée».

Édifiant témoignage venant d’une personne qui a réussi son entrée en politique municipale en utilisant les moyens démocratiques à sa disposition pour se porter à la défense d’un espace naturel, la colline Maupas, qu’on voulait altérer sans véritable consultation… Il est là le problème monsieur Perreault. La population est confinée depuis mars dernier, votre propre conseil municipal siège à huis clos, l’hôtel-de-ville fermé jusqu’à tout récemment. Nos institutions – et on le comprend – n’ont pas été en mesure d’offrir les services usuels.

Il est difficile de ne pas croire qu’on aurait pu profiter de cette conjoncture pour escamoter une consultation publique en bonne et due forme à moins qu’une séance d’information tenue il y a quelques jours limitée à 40 participants et qu’un communiqué publié récemment donnant des références À DEUX JOURS du début des travaux d’asphaltage soient la manière d’informer et consulter. Le communiqué de juin quant à lui créait un lien vers un outil marketing, un dépliant publicitaire destiné à vendre des slogans pro-asphalte suscitant autant de questions que de réponses; d’autorité, on y affirme d’ailleurs que les secteurs asphaltés sont plus attractifs pour les enfants (sic)…

Vous le savez, pour toutes ces références pro-asphalte «officielles» on trouve tout autant de références «pro poussière de roche» d’ingénieurs, d’écologistes, d’urbanistes, de cyclistes, coureurs, marcheurs, qui s’appuieront sur d’autres études ou d’autres informations telles celles diffusées sur Radio-Canada en 2015 «la piste cyclable le P’tit Train du Nord devient dangereuse faute d’entretien» (asphaltée à cet endroit – Nominingue) et en 2018 «une piste cyclable (asphaltée) endommagée inquiète marcheurs et cyclistes à Gatineau» ou encore un article récent rapportant que Sherbrooke a privilégié la poussière de roche pour sa piste cyclable en forêt pour des raisons écologiques, de «confort» des usagers, de facilité d’entretien et de coûts.

Toujours à propos de l’inspirant communiqué, on apprend entre autres que le gouvernement n’a pas répertorié le sentier dans sa cartographie d’îlôts de chaleur, donc classé. Ouf! On ne l’a pas répertorié avant les travaux d’asphaltage ce qui permet maintenant d’argumenter que l’asphalte ne dégagera pas de chaleur pour les marcheurs et cyclistes et sera idéal pour les coureurs malgré ce qu’a déclaré Alain Bordeleau, olympien et directeur du marathon du P’tit Train du Nord qui a expliqué que les coureurs préfèrent la poussière de roche plus clémente pour les articulations et dégageant moins de chaleur.

Les projets peuvent rallier ou diviser, ils comportent tous des avantages et des inconvénients et il convient donc d’offrir des conditions optimales de consultation pour faire la part des choses. Sans prétendre être exhaustif, j’ai recensé ce qui me paraît être des points sensibles pour une importante partie de la population.

Sur la démocratie, la consultation et les sondages

Je l’ai souligné plus haut, cette décision coïncide avec un dysfonctionnement historique de nos institutions démocratiques en raison d’une pandémie mondiale. Tout le monde comprend ça et, a fortiori, dans un tel contexte, on se serait attendu que celles et ceux qui ont sollicité et reçu le mandat de nous représenter prennent des dispositions de consultation particulières avant d’approuver un projet qui suscite tant d’inquiétudes chez un large segment de la population représentatif de toutes les tranches d’âge et qui pratique plusieurs activités, de la marche en famille, la randonnée plus sportive, la course à pied, les cyclistes occasionnels jusqu’aux cyclistes de performance.

Pour démontrer le bien fondé de votre position, vous avez confié à Vélo-Québec le soin d’administrer un sondage, induisant que le sentier linéaire Le P’tit train du Nord est avant tout réservé à une seule clientèle. Nous sommes évidemment «surpris» de constater que les résultats du sondage ciblant une catégorie d’utilisateurs présentent un nombre d’appuis majoritairement pro-asphalte… Ne vous méprenez pas, je suis admiratif du plus gros lobby cycliste du Québec mais ne trouvez vous pas éminemment biaisé de confier à un organisme qui fait la promotion d’une seule activité spécifique le soin de connaître le point de vue des différents utilisateurs du sentier?

Dans la documentation que nous recommande de lire mon maire, il n’y a aucune attention portée à la pluralité des utilisateurs de notre parc linéaire. Vouloir faire ainsi croire que le projet d’asphaltage du sentier rencontre une adhésion globale est éminemment hasardeux sinon tendancieux.

Sur le développement durable

Haut et fort, dans vos communications, vous claironner que l’asphaltage du sentier est la substantifique moelle du développement durable. Vous ne pouvez être plus faux. Le développement durable répond à des principes fondamentaux : un principe de solidarité notamment entre les générations, un principe où le développement doit profiter à toutes les populations, un principe de participation voulant qu’on associe la population aux prises de décision. Vos actions sont totalement étrangères à ces principes et vous disqualifient totalement de l’appellation développement durable.

Bon, soyons indulgent, beaucoup de personnes confondent les travaux de madame Brundtland avec écologie et environnement. Ces notions font partie de l’ensemble des objectifs à atteindre dans une démarche de développement durable. Et c’est essentiel. Ce qui me rend dubitatif dans l’argumentation des pro-asphalte c’est qu’on affirme, sans broncher, que l’asphalte «est plus écologique» (sic) que la poussière de roches.

À la lumière de la documentation fournie par la MRC, aucune conclusion ne permet de démontrer que c’est le cas. Ce qu’on peut constater, c’est que les conclusions retenues sont orientées pour soutenir les conclusions recherchées, notamment celles du promoteur, la corporation du Sentier Linéaire P’tit Train du Nord. Sinon, pourquoi être opposé aux contre expertises réclamées?

Enfin, parmi les composantes du développement durable existe le principe de la subsidiarité. Cette notion veut que les lieux de décision et les responsabilités soient le plus proche possible des citoyens et des communautés concernées. Bref, nos conseils municipaux respectifs. Que madame la directrice générale de la MRC, entité plus éloignée des citoyens, nous explique que la loi ne l’oblige pas à nous consulter devrait l’obliger à retirer l’énoncé que le projet d’asphaltage en est un de développement durable.

Sur la sécurité

On veut augmenter l’achalandage de 30 à 40%. Bien sûr, c’est louable de rendre un équipement accessible à un maximum de personnes. Mais ceux qui connaissent le sentier savent que Le P’tit Train du Nord est déjà très populaire. On y croise d’importants contingents de toutes les clientèles. Les marches en famille, les coureuses et coureurs, les cyclistes qui y roulent avec bonheur depuis toujours, les randonneurs qui accèdent aux sentiers en montagne, les personnes à mobilité réduites en véhicules électriques… tout ce beau monde cohabite déjà en grand nombre. De leur côté, les pelotons de cyclistes aguerris et les planchistes utilisent également en grand nombre un chemin asphalté parallèle au sentier, le Chemin/Rue de la Rivière qui s’étend de Val-Morin à Ste-Agathe dont une partie avec piste cyclable. Devant chez moi. Ils ont leur piste. Ces cyclistes vont aussi vite que des voitures et idem des planches électriques.

Cet important trafic de performance roulant actuellement sur une route asphaltée existante et à quelques mètres du sentier du P’tit Train du Nord migrera sur le nouveau revêtement d’asphalte. On nous explique dans le dépliant pro-asphalte que «dans un souci de responsabiliser le comportement des usagers, le marquage au sol, plus efficace que celui sur panneaux latéraux à la piste, permet un rappel des règlements, notamment la vitesse maximale de 22 km/h». Permettez moi ici d’exprimer ma colère. On nous dit que ce sera sécuritaire tout en affirmant le contraire : Jean Sébastien Thibault, directeur général du parc linéaire du P’tit Train du Nord, promoteur du sentier asphalté, explique que «dans le contre (l’asphalte), il y a l’augmentation de la vitesse. Mais nous l’avons catégorisé dans les comportements. Que ce soit en poussière de roche ou en asphalte, ce comportement ne va pas arrêter, ça ne va jamais changer. Donc ce n’est pas quelque chose qu’on gagne ou qu’on perd. C’est un comportement.» Édifiant. Et si on augmente le nombre de ceux qui vont trop vite, cela a-t-il une incidence monsieur Thibault? Cela n’augmentera pas les risques d’accident? C’est irresponsable de penser le contraire. Récemment, en vélo avec mes deux jeunes enfants, à côté de l’ancienne gare de Val-David, un sympathique gaillard chevauchant un vélo électrique répond à ma question : – «À quelle vitesse ça roule ce genre de vélo?» – «Autour de 35 km/heure mais j’ai atteint 55 km/heure dans une longue pente tout à l’heure»…

On dit vouloir augmenter «la mobilité» tous azimuts avec tous les types d’utilisateurs en espérant mousser l’économie au détriment des résidents. C’est une recette qui n’a jamais fait ses preuves. Le sentier n’est pas plus large à plusieurs endroits qu’un trottoir de la rue Sainte-Catherine qui accueillerait tout à la fois, c’est le plan des pro-asphalte, toujours plus de marcheurs, coureurs, cyclistes, planchistes, patineurs à roulette et véhicules électrifiés. Et ça augmentera spécialement la dangerosité, notamment pour nos enfants et nos aînés.

Sur les coûts et l’entretien

Dialogue de sourds sur les coûts engendrés : l’asphalte coûte énormément plus cher que tout autre revêtement (Sherbrooke l’a compris comme nous l’avons vu plus haut) mais, miracle, ne nécessite pas de coûts d’entretien aussi élevés que la poussière de roche qui elle se délite, se désagrège, se déverse dans la rivière du Nord et nécessite une armée de préposés à l’entretien pour réparer ces cratères, ces glissements de terrain, ces affaissements de plaques tectoniques. Quelle chance j’ai eu de ne pas voir ça lors de mes nombreuses sorties en vélo!

Oui je mets de l’emphase en réaction à ce concert d’exagérations. Tous les types de revêtement nécessitent de l’entretien. L’asphalte se distingue par des bris permanents : fissures, craquèlements, ornières et trous plus chers à réparer. Sur ce même sentier du P’tit train du Nord, plus au nord à Nominingue, le revêtement est en bitume. La municipalité a pris le soin de marquer de peinture les nids de poules et autres dangerosités afin d’éviter les accidents et elle besoin de financement pour faire des réparations beaucoup plus coûteuses que l’utilisation d’une surfaceuse à poussière de roche. On n’a pas pris le soin de considérer cette question. C’est la même corporation du P’tit Train du Nord qui gère le tout mais, dans le présent cas, c’est pas avec la même MRC. Sûrement une météo plus clémente…

Toujours sur les coûts, il est tout-à-fait admirable que notre gouvernement investisse dans des équipements de plein-air, vecteur de santé. Et on peut d’ores et déjà en vérifier le bien fondé. En empruntant le sentier, on peut observer d’intéressants travaux de stabilisation qui améliorent l’actuel sentier par la végétalisation des fossés, la solidification de ponceaux avec de grosses pierres, une meilleure irrigation. Ces aménagements sont bénéfiques et porteurs de longévité. Mais ils ont été faits pour accueillir de l’asphalte : est-ce nécessaire ou bien ces travaux sont suffisants pour assurer l’intégrité du sentier? Aurait-on pu réparer plusieurs kilomètres de plus en faisant l’économie d’une couche d’asphalte? Évidemment que oui mais, ne l’oublions pas, pour les promoteurs, l’asphalte est plus écologique…

Et enfin l’argument technocratique : «si on ne dépense pas maintenant, on va perdre notre subvention»… Pathétique. Nous sommes plus que bien représenté au gouvernement du Québec; croyez-vous sérieusement que des élus en autorité, sensibles et à l’écoute ne sont pas capables de prendre la mesure de l’inquiétude d’un segment important de la population et de convenir d’un délai afin qu’on mène des consultations adéquates dans un contexte où les rassemblements et réunions sont malmenés par un puissant virus qui oblige au confinement? C’est le souhait formulé par plus de trois milliers de citoyens. Après tout, même s’il est sous bail avec une corporation privée, le sentier appartient à toutes les Québécoises et tous les Québécois, sous la tutelle du ministère des Transports. Notons que l’efficacité économique donc l’optimisation de l’utilisation d’argent public est également un principe de développement durable.

Sur le transport actif

Les arguments des promoteurs sont plutôt navrants à ce chapitre. Dans les faits, comme un grand sparadrap sur une étendue naturelle, on asphaltera quelques kilomètres de sentier alors que plus de 30 kilomètres vers le sud (Saint-Jérôme) demeureront en poussière de roche et encore plus de kilomètres vers le nord.

Et on nous explique que ce ruban d’asphalte contribuera au transport actif entre Montréal et Mont-Laurier. Sans rire, toujours dans le même dépliant : «Le P’tit Train du nord est le lien principal pour favoriser les transports actifs/durables et pour combiner les déplacements avec les transports collectifs à partir des centres urbains. (…) Le P’tit Train du Nord souhaite aménager un lien direct avec la métropole dans le but de favoriser les transports actifs et carboneutres entre Mont- Laurier et Montréal.»

Enfin, on a trouvé l’alternative aux trains de banlieue alors qu’on peine encore à mettre en place un simple système de transport en commun en autobus. Ce à quoi contribuera cette élucubration grossière c’est d’augmenter le nombre de voitures dans les stationnements prévus pour les cyclistes. Au fait, avez-vous prévu de garder de l’asphalte pour les agrandir? Pour le transport actif, je continuerai sûrement à me rendre en vélo chez l’épicier de Val-David mais je serais le premier surpris d’aller à vélo chez mon opticien de Blainville…

Je termine avec cet exemple qui n’est pas une blague et qui témoigne avec l’éloquence du grand n’importe quoi, de l’improvisation et du manque de rigueur de cette analyse : une petite bande d’asphalte au milieu d’une centaine de kilomètres en poussière de roche contribuera au transport actif, durable, écologique entre Montréal et Mont-Laurier… Les gens ont raison de se poser des questions et de réclamer un moratoire pour pousser la réflexion. Mettons en place un vrai processus de consultation et, pourquoi pas, discutons de l’usage hivernal du sentier où cohabitent tous les âges de marcheurs, skieurs de fonds et de patins, cyclistes en «fatbikes»… avant qu’on nous propose de «démocratiser» le sentier avec l’usage d’éventuelles motoneiges électriques.

Parlons-nous

Un vrai processus de consultation mènerait-il à des conclusions et décisions différentes? Peut-être. Peut-être pas. Mais il permettrait (ou aurait permis) une adhésion beaucoup plus positive de citoyens ayant l’impression qu’on leur a véritablement permis d’exprimer leur point de vue. Nous sommes dans les derniers milles. Nos décideurs attendent que l’orage passe en se bouchant le nez, les yeux et les oreilles. L’asphalte finira bien par être roulé et les citoyens s’y opposant aussi.

J’ai toujours eu un sentiment de grande reconnaissance pour celles et ceux, toutes allégeances confondues, qui donnent de leur temps pour la chose publique. C’est le fondement de la démocratie. Il ne faut donc pas voir ici une diatribe contre nos élus locaux mais l’expression d’une opinion d’un citoyen mystifié par la légèreté d’un processus décisionnel alors que l’inquiétude d’une multitude de citoyens est si palpable. Je le répète, je me sens impuissant et frustré devant ce qu’on tente de présenter comme une démarche consultative. Et je suis exaspéré quand je pense qu’on met en péril la sécurité de nos enfants. Ainsi j’ai interpellé mon maire parce qu’il représente ma communauté de Val-Morin. Ça ne présume pas d’un désaccord avec toutes ses réalisations et déclarations, au contraire monsieur Perreault. Dans une présentation bien léchée du journal Accès qui fait votre apologie, vous référez à un important personnage que j’ai également eu le grand privilège de connaître. On y lit votre propos : Pierre Bourgault m’a enseigné 3 choses dont je me souviendrai toute ma vie. La première : Ne prends jamais les gens pour des cons. La deuxième : Parle de ce que tu connais. Et la troisième : À chaque occasion que tu as d’expliquer, d’enseigner et d’éduquer les gens, fais-le parce que tu vas élever tout le monde. Et cela va toi-même t’élever et les gens vont en être reconnaissant.

Je suis tellement d’accord avec vous monsieur Perreault, monsieur le maire.

Texte intégral, sans modification. Photos gracieuseté du groupe Non à l’asphaltage du Petit Train du Nord—IL N’EST PAS TROP TARD!

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