Marchés publics du Québec durant la COVID

Par: Jacynthe Nadeau pour La Tribune

Il y aura des marchés publics au Québec cet été. Mais COVID-19 oblige, on n’y retrouvera pas la même atmosphère qu’à l’habitude.

Pas de dégustation de produits, pas d’animation, pas de flânage sur les sites. 

Et bien sûr les mesures d’hygiène et de santé publique auxquelles les Québécois sont maintenant habitués quand ils sortent faire leurs courses. 

Vivement attendues par les coordonnateurs de ces commerces saisonniers qui ouvriront aussi tôt que le 16 mai dans certains cas, les directives du gouvernement provincial ont été rendues publiques à la fin de la semaine. 

«On respire un peu mieux, confie la coordonnatrice de la Corporation du marché de la Gare de Sherbrooke, Sylvie Brunelle. Autant les consommateurs vont avoir envie de consommer localement, autant les producteurs vont avoir envie de sortir et de rencontrer la population même s’il va falloir respecter les règles de distanciation sociale. C’est une bonne nouvelle pour la Corporation du marché de la Gare et pour nos producteurs.»

Au marché Locavore de Racine et au Marché champêtre de Melbourne, on avait d’ailleurs sondé la clientèle et les producteurs au cours des dernières semaines. Il y a là une volonté ferme d’ouvrir, et on était déjà en mode solutions sachant que les mesures de distanciation sociale et l’interdiction de rassemblement seraient nécessairement en vigueur. 

«C’est sûr que ça va être différent, dit la coordonnatrice du marché Locavore Denise Payette. Il n’y aura pas de musiciens pendant un certain temps, pas de BBQ parce qu’on ne veut pas que les gens s’attardent. Ça va être différent, mais je pense que les gens ont hâte d’avoir accès à des produits locaux et de voir leurs producteurs.»

«On va faciliter l’accès au marché de façon plus rapide qu’à l’habitude pour permettre à la clientèle de faire ses emplettes de façon sécuritaire», précise la présidente du conseil d’administration du Marché champêtre de Melbourne, Marylène Pronovost.

Par exemple, on a prévu installer un lavabo pour le lavage des mains et aménager un circuit à sens unique entre les étalages des producteurs. Probablement aussi contrôler le nombre de personnes en même temps sur le site. 

À Melbourne, où on cible la date du 16 mai pour lancer la saison, on pense que la douzaine de producteurs habituels seront au rendez-vous. La clientèle aussi, étant donné l’engouement pour les produits locaux. 

«C’est sûr que la provenance de notre clientèle risque de changer, dans le sens où on avait une certaine part de touristes et de gens qui venaient des campings de la région, analyse Mme Pronovost. Mais on est confiant que toute la partie des gens qui veulent se tourner vers le local va compenser pour la perte de clientèle extérieure à la région.»

À Racine, un comité consultatif de producteurs, de consommateurs et d’amis du marché planche sur le dossier depuis deux semaines. La vingtaine de producteurs seraient prêts à se conformer aux contraintes qui leur seront imposées. La saison pourrait débuter le 30 mai, mais il reviendra au conseil d’administration de trancher, précise toutefois Mme Payette, en rappelant qu’il faut aussi tenir compte d’une bonne proportion de clientèle âgée qui entretient plus de craintes à l’idée de fréquenter le marché dans ces conditions. 

«On est aussi en contact avec l’Association des marchés publics du Québec, dit-elle. On est en processus de trouver des solutions pour assurer notre clientèle que si elle veut venir au marché, elle va pouvoir le faire dans un contexte sécuritaire.» 

Du côté de l’AMPQ, le directeur général Jean-Nick Trudel attend d’autres directives du gouvernement sur les protocoles et les mesures sanitaires plus spécifiques aux activités des marchés publics et qui pourraient s’avérer déterminant pour la tenue de certains d’entre eux, selon ses observations.

M. Trudel ne pouvait s’avancer, vendredi, sur la proportion des 130 marchés membres de son association — dont près d’une vingtaine en Estrie — qui sera effectivement en activités cet été. Mais il assure qu’ils sont plusieurs à chercher les solutions pour relever le défi.

«La reconnaissance officielle comme commerce essentiel était attendue depuis longtemps, dit-il, surtout que nous ressentons que notre réseau désire contribuer à la sécurité alimentaire des Québécois. »

« C’est ça la vie avec le coronavirus, conclut Denise Payette. On est obligés de s’adapter. On sait tous qu’on va faire des petits deuils, tout le monde, de cette atmosphère qu’on adore, des dégustations sur place, des rencontres, mais je pense que les gens s’y attendent et seront tolérants. Tout le monde est conscient qu’on fait face à quelque chose d’exceptionnel et qu’on doit réagir avec des mesures exceptionnelles.»

Les consignes à respecter pour les marchés publics

  1. Les marchands autorisés à effectuer de la vente dans un marché public doivent offrir uniquement des produits alimentaires, horticoles ou d’hygiène personnelle (ex. : savon).
  2. Aucune dégustation, ni aucun service de restauration ou de prêt-à-manger n’est autorisé sur les lieux du marché public. Les marchands peuvent vendre des mets préparés, mais ces derniers doivent être emballés pour être emportés. 
  3. Aucune activité d’animation ne peut se dérouler sur place (ex. : musicien, démonstration culinaire) : le marché public doit être uniquement un lieu d’approvisionnement d’aliments ou de produits d’hygiène. 
  4. Les aires de jeux pour enfants, s’il y a lieu, doivent être fermées et inaccessibles.
  5. Aucun lieu de repos ou de repas ne peut être aménagé (ex. : chaises, tables, tables de pique-nique).
  6. Aucun flânage n’est permis.

Source : MAPAQ

Pour lire l’article original: Faire son marché au temps de la COVID

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