Un voyage pandémique à travers le globe

Traces du passé : 100 ans se sont écoulés depuis la grippe espagnole, cette grande faucheuse,1 ce tsunami de morts, où la plupart sont décédés entre septembre 1918 et octobre 1919. Rétroviseur d’aujourd’hui où des familles, des groupes et des pays ont été ébranlés, déstructurés, anéantis.

Avons-nous appris de la grande faucheuse en tant que collectivité? Mes recherches m’apprennent que oui. D’ailleurs, la communauté scientifique se prépare depuis plusieurs années déjà à affronter une autre pandémie. Cependant, les paramètres démographiques et de mondialisation actuelle ne coïncident pas forcément avec les prévisions initiales des experts.

Une chose est certaine, une pandémie est vécue et contrôlée différemment en fonction du pays, de la géographie, de la démographie, de la ville, de la région – urbaine ou rurale – ainsi que du comportement social. Ces différences sont liées aux politiques d’anticipation, aux changements d’habitudes et aussi à la coopération individuelle. Cela ressemble étrangement à la Loi de la nature, ou Loi du plus fort. Les pays, les mieux organisés, les plus riches financièrement, avec un bon taux de scolarisation de leurs populations, sont nettement favorisés, et par conséquent s’adaptent le mieux.

Les inégalités

L’Institut Lowy2 s’est penché sur la gestion de la pandémie de la covid-19 par une centaine de pays à travers le monde. L’évaluation de l’Institut Lowy s’est basée sur divers critères dont : nombre de nouveaux cas confirmés, dispositifs de dépistage et taux de décès. Selon l’Institut Lowy, les territoires comptabilisant moins de 10 millions d’habitants semblent avoir mieux géré la crise sanitaire. Selon ses résultats, il semble que la Nouvelle-Zélande soit le pays qui ait le mieux contrôlé la propagation du virus. Dès le début, en mars 2020, le gouvernement, avec à sa tête Jacinda Arderna, a fermé ses frontières, ses écoles, ses entreprises et ses commerces non essentiels. Grâce à ce premier confinement strict, aucun nouveau cas de covid-19 n’a été recensé de mai à août 2020. Les mesures étaient fortes, réactives et hautement préventives. Des pays comme la Nouvelle-Zélande, où les politiques d’anticipation sont rigoureuses, où les frontières sont facilement contrôlables et la démographie raisonnable, ont eu un franc succès dans le combat et le contrôle de la covid-19.

Outre la Nouvelle-Zélande, et toujours selon les résultats de l’Institut Lowy on a pu établir un classement des pays qui offrait une meilleure sécurité pendant cette période de bouleversements :

  1. Vietnam
  2. Taïwan
  3. Chypre
  4. Rwanda
  5. Islande
  6. Australie
  7. Lettonie
  8. Sri Lanka

Par ailleurs, les pays qui n’ont pas fait bonne figure et qui sont les plus endeuillés par la crise sanitaire sont le Brésil, les États-Unis et l’Inde. Avec des dirigeants laxistes et sceptiques par rapport à la covid-19, ces pays avaient des politiques d’anticipation quasi inexistantes. Bien qu’on y ait mis en place des mesures réactives, il semble que celles-ci aient eu très peu d’influence sur l’épidémie de la covid-19. Ajoutons que le Mexique, la Colombie et l’Iran ont fait également mauvaise figure.

Dernièrement, le journal Le Monde publiait un portrait de la situation en Inde. À New Delhi, la covid-19 reprend de la vigueur. Les autorités doivent recourir à des crémations de masse pour se débarrasser des corps des victimes qui s’entassent dans les morgues des hôpitaux. On brûle des corps partout dans les rues, les stationnements et les marchés. Il y a maintenant pénurie de bois. La fumée est omniprésente, c’est un enfer.

« Les crématoriums de New Delhi, la ville la plus contaminée de l’Inde, sont débordés, répandant leur fumée âcre. Les morts affluent [sic] dans la capitale, comme dans tout le pays. Les bûchers allumés par milliers furent le premier signe que la situation était devenue une tragédie. Les médias nationaux ont vite rapporté que les chiffres officiels des morts ne correspondaient pas à l’activité des crématoriums. » Sophie Landrin.

L’Inde, deuxième pays le plus peuplé de la planète avec 1,4 milliard d’habitants a eu dimanche 25 avril près de 353 000 nouveaux cas dont plus de 2 800 morts.

Par ailleurs, notons que la Chine n’a pas été comptabilisée dans le classement, car il n’existe pas assez de données publiques pour évaluer sa gestion de la crise sanitaire. 

Vivre au bon endroit

Au Québec, nous avons connu des hauts et des bas, comme dans l’ensemble des pays. Mais somme toute, nous tirons notre épingle du jeu grâce à la participation d’une majorité de citoyens et de citoyennes ce qui a fait la différence et un gouvernement qui a dû improviser avec succès un système de défense à une guerre qui a pris tout le monde par surprise.

Et pour citer monsieur François Legault, premier ministre du Québec : nous étions en vol tout en construisant notre avion…

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*Je dédis mon texte à notre mentore et amie, Jeanne Maranda, 1927-2021. Femme influente, cette féministe incroyable est décédée récemment.


1 La grande faucheuse

2 L’institut Lowy est un groupe de réflexion indépendant fondé en avril 2003 par Frank Lowy pour mener des recherches originales et pertinentes sur les questions politiques, stratégiques et économiques internationales d’un point de vue australien. Il est basé à Sydney, en Nouvelle-Galles-du-Sud, en Australie.

SOURCES

Covid-19 : quels sont les pays qui ont le mieux géré la pandémie ? Le classement des bons et des mauvais élèves

En images : l’Inde dans l’enfer du Covid-19

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