PRISE 2 – Les immigrants au pays de Pierre Gougoux

Plein air et francisation des immigrants vont de pair pour Pierre Gougoux

Voici ce qu’il nous dit :

«Avec l’implication de la Caisse populaire de Sainte-Agathe-des-Monts et de l’entreprise de plein air La Cordée et surtout des professeures de francisation Marion Archambault et Annie Trudeau, des groupes d’immigrants viennent depuis trois hivers découvrir la forêt du Québec par la pratique d’une excursion en raquette, dans le réseau des pistes du Club de plein air de Sainte-Agathe-des-Monts.

Les immigrants, que j’aime appeler affectueusement «les Québécois d’aujourd’hui et de demain» et qui contribuent déjà à bâtir la société au même titre que mes enfants et mes petits-enfants, constituaient plus de 25 % de mes étudiants dans mes cours de plein air au niveau collégial.

Pierre entouré de ses ami-e-s immigrant-e-s.

 Même si leur connaissance du français était déjà suffisante pour suivre une formation collégiale, il fallait leur laisser un peu plus de temps lors de leurs examens écrits ainsi que la possibilité de poser toutes les questions nécessaires à la fin du cours.

Lorsqu’ils devaient former des équipes (pour le camping et la bouffe) avec des étudiants de la classe, ils avaient tendance à se regrouper avec des étudiants de même origine ou venant d’autres pays.

Nous devons adapter la première rencontre préparatoire à leur niveau de francisation en utilisant des photos et des textes très simples. Pour aider à la communication, il est nécessaire d’avoir une photo de chaque participant, de connaître leur pays d’origine et leur situation familiale.

Ensemble, nos objectifs vont vers des activités adaptées à tout le groupe telles la raquette à neige et la randonnée. La majorité n’a pas beaucoup d’occasions ni de temps (enfants, travail, études) pour pratiquer des activités physiques.

Un groupe d’immigrant-e-s en raquettes

Cependant lors des excursions, leur détermination est exemplaire et tous se font un honneur d’atteindre l’objectif fixé (le refuge en haut de la montagne) et sont fiers de leur réussite. Durant le casse-croûte au refuge, certaines nous font goûter une recette de leur pays d’origine. À la descente, les rires sont nombreux et spontanés lorsqu’un participant tombe dans la neige. Après l’excursion, les glissades en traîneau confirment qu’ils ont encore de l’énergie et une belle joie de vivre.

Nous avons observé que dans les classes débutantes les sous-groupes se font selon leur langue maternelle, tandis que dans les classes plus avancées, l’entraide est spontanée, peu importe leur pays d’origine.

Nous terminons l’activité par une rencontre musicale avec des chansons : ils sont très doués pour en amplifier le rythme avec des percussions (tam-tam, et autres). À mesure que l’ambiance et la confiance se développent, certains osent nous faire découvrir des chansons de leur pays : très touchant. Ils apprécient particulièrement d’être reçus dans la maison familiale plutôt que dans la salle commune.

Avec la collaboration du Club de plein air Sainte-Agathe et des professeures, nous bâtissons un circuit éducatif le long du trajet parcouru en raquettes pour puisse les aider dans leurs découvertes de la nature, par des textes courts et simples, adaptés à leur niveau de francisation et des photos.

Ce « circuit de la chouette » qui permet une première connaissance de la nature sera aussi disponible pour tous ceux qui viennent utiliser les sentiers. »

Commentaires des participants :

« Merci pour la belle journée chez toi. J’ai aimé la randonnée sur la piste dans la forêt et la belle vue sur le sommet de la montagne. Laurent notre guide a donné de très belles explications sur la nature. » Mark

« Merci de nous accueillir avec tant d’affection et de nous montrer à quel point la nature est belle; je me sentais en sécurité de marcher avec toi en montagne. » Tatiane

« J’ai aimé aller chercher l’eau d’érable. J’ai aimé quand j’ai vu comment la tire d’érable était préparée. Manger la tire sur la neige c’est très bon. » Christina

Mais ce que Pierre Gougoux, ce professeur de plein air indéclassable ne dit pas, c’est que ce parcours de la Chouette, un sentier de raquettes, il l’a ouvert derrière chez lui, sur sa terre. La maison où il accueille les classes de francisation c’est chez lui. Il ne dit pas non plus qu’il y a environ 15 ans, il a adopté quatre Colombiens, trois filles et un garçon qui aujourd’hui font tous de la randonnée, du ski de fond et de la raquette. Il sait que la façon d’être heureux au Québec c’est d’apprendre à aimer l’hiver, cette richesse inestimable des pays nordiques.

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