PRISE 3 – Pierre Gougoux inspiré et inspirant

J’ose tout de même une question : Pierre, les cours ou les activités de plein air devraient-ils être obligatoires dans les écoles ou les cégeps du Québec?

Je viens de déclencher un tsunami.

«Les cours de plein air devraient être obligatoires à l’école dès le plus jeune âge.

D’abord, il nous faudrait prendre conscience que nous vivons dans un pays extraordinaire du point de vue de la nature et des possibilités de sorties en plein air toutes saisons. Nous devrons également prendre conscience que les étudiants d’aujourd’hui ont encore plus besoin de se retrouver dans la nature que les générations précédentes.»

«Plusieurs de mes étudiants du CÉGEP n’auraient jamais vécu cette expérience éducative s’ils n’avaient pas été obligés de suivre un cours d’éducation physique. Certains ont suivi le cours – incluant les cours intensifs de fin de semaine – pour en finir au plus vite avec les cours d’éducation physique dont, en tant qu’adultes, ils ne voyaient plus la nécessité. Pourtant, une semaine après leur retour, ils remettaient leur bilan d’excursion en mentionnant que c’était le cours le plus intense et difficile qu’ils avaient suivi en éducation physique, mais aussi le plus inoubliable.»

Pierre en cyclotourisme au Maroc en 2013

Lorsqu’un cours ou une activité de plein air devient obligatoire, il faut admettre que l’implication devient encore plus grande pour le professeur.

Comment, en effet, négocier avec la peur de certains parents, surtout au primaire, avec des élèves qui n’ont eu aucun contact avec la nature, qui ne sont pas motivés, qui ont des capacités physiques ou matérielles moindres, avec des étudiantes au collégial qui me disaient : «mon chum ne veut pas que je dorme dans une tente avec d’autres gars» ou encore «j’ai mes menstruations en fin de semaine» ou bien «c’est le ramadan et je dois être à jeun et ne pas boire du lever au coucher du soleil», et combien d’autres excuses?

Quelle belle occasion pour un professeur éducateur, qui, en plein air ou ailleurs, n’est jamais qu’un transmetteur de connaissances, mais qui, s’il veut entrer en communication ouverte avec ses étudiants, doit inventer et créer des solutions nouvelles pour chaque situation nouvelle? Par exemple, un étudiant atteint de sclérose en plaques se présente au cours d’escalade de rocher avec la ferme intention d’aller de l’avant. Comment le professeur doit-il réagir? Ne serait-il pas souhaitable, comme cela s’est produit pour moi, que la réponse du professeur soit : « oui, on va trouver une solution »? Ce qui, avouons-le a toujours comme effet de produire un immense sourire sur le visage de l’étudiant.

Dans mon expérience, la détermination de cet étudiant, malgré son handicap, produit une atmosphère d’entraide dans toute la classe, et aucun étudiant ne s’est plaint de la difficulté du cours.

Lorsque la progression, en excursion en montagne, en vélo, en raquette ou en ski de fond, se fait en sous-groupes, selon la condition physique de chacun, tous doivent et peuvent arriver au but.

Il faut avoir vu, à maintes reprises et sous toutes les températures, lorsqu’au sommet d’une montagne, au moment où les derniers arrivent avec un sourire de fierté parfois mêlé à quelques larmes, à quel point tout le groupe commence spontanément à les applaudir, et parfois même à les serrer dans leurs bras.

Cela devient possible, si le cours n’est pas axé sur la performance ou encore moins sur la compétition :

  • Les plus forts, ou ceux qui ont déjà vécu des expériences de plein air avec leurs parents ou leurs amis deviennent des étudiants-ressources pour les débutants;
  • Les premiers arrivés n’ont pas une meilleure note que les derniers;
  • Les notes (l’évaluation) se gagnent avant, par la préparation et les examens théoriques, et, après par l’écriture du bilan tout en proposant à ceux qui ont besoin d’une meilleure cote R, des possibilités de travaux bonis;
  • Le mot d’ordre doit être : « On va tous réussir ensemble ».

Cela ne vous rappelle-t-il pas le fameux proverbe qui veut que «Seul on va plus vite, mais ensemble on va plus loin… ou plus haut, selon le cas!» 

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