Réponse à la lettre ouverte de Mme Kathy Poulin

LETTRE OUVERTE / Par: Jean-François Julien

Un village, ses enfants, son âme

D’entrée de jeu, je vous félicite pour votre lettre, elle est très bien écrite, qui peut être contre la vertu, j’en avais même la larme à l’oeil. Vous manipulez très bien les mots, comme vous manipulez très bien les idées d’ailleurs. 

En mathématique, on appelle ça l’approche du raisonnement cul-de-sac, c’est-à-dire qu’il est pratiquement impossible à une personne sensée de ne pas être d’accord avec votre conclusion.

Exemple: Trois amis donnent $10.00 chacun à un commissionnaire pour aller acheter une grosse pizza végétarienne, finalement, la pizza est en promotion à $25.00 cette semaine (jour de chance). À son retour, le commissionnaire veut remettre le $5.00 aux trois amis. Comme il trouve ça compliqué de diviser $5.00 en trois, il décide de garder $2.00 et de remettre $1.00 aux trois amis. Conclusion, les trois amis ont payé $9.00 chacun ($10.00 – $1.00 remis), donc 3 X $9.00 = $27.00 + le $2.00 que le commissionnaire a gardé = $29.00, où est passé le $1.00 manquant sur les $30.00 initial?

Vous voyez, on peut arriver à n’importe laquelle aberration avec une approche de raisonnement cul-de-sac.

Maintenant, je vais essayer de vous expliquer votre approche du raisonnement cul-de-sac. 

Vous commencez par endormir tranquillement vos lecteurs avec la technique # 6 de 10 stratégies de manipulation que les politiques et les médias utilisent pour nous contrôler

Cette technique se dit comme suit: 

6- Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion

Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements…

J’avoue que vous êtes forte, mais moi je vous dis que tout ce que vous dites au sujet des enfants qui jouent, chantent, etc., ça va demeurer même si la nouvelle école n’est pas sur les terrains de la Sapinière, car l’école Saint-Jean-Baptiste va demeurer là, et vous allez pouvoir continuer d’être heureuse en les écoutant.

Ensuite, vous amenez lentement vos lecteurs vers le cul-de-sac que l’école doit être sur les terrains de la Sapinière. Pour moi, le vrai cul-de-sac, c’est que l’école va être vraiment dans un cul-de-sac au bout du chemin de la Sapinière, ce qui n’est pas sécuritaire selon moi. Que se passera-t-il s’il faut évacuer 600 jeunes de 4 à 12 ans en cas d’incident? 

Lorsque vous dites : Si la nouvelle école n’est pas construite chez nous, une très grande partie des jeunes enfants d’ici devront fréquenter une école dans une autre municipalité. Ils en feront leur milieu de vie, avec leurs amis. Les familles iront s’y installer, plutôt qu’ici, les grands-parents aussi. Il y aura beaucoup moins d’enfants qui habiteront  notre village. Nous perdrons une partie de nous-mêmes, de notre culture. Ce sera le début de la dévitalisation de Val-David.

Là, vous tombez carrément dans le mélodrame, personne ne dit que l’école ne sera pas à Val-David, mais si vous persistez à vouloir la faire sur le site de la Sapinière, là, les gens vont choisir un autre village pour s’établir à cause du coût exorbitant des taxes foncières, à moins que ça ne soit votre agenda caché: « un Village pour les gens riches et célèbres ».  De toute façon, vous êtes déjà très bien parti, à voir le prix des maisons et des taxes à Val-David, ce n’est pas pour monsieur et madame tout le monde.

Vous dites également : « De plus, cette nouvelle école primaire de 24 classes doit être construite sur le terrain de 40 000 m2, actuellement en processus d’acquisition par la Municipalité, situé dans la clairière de La Sapinière. Pourquoi? Parce que, comme le soutiennent les parents, les familles, les éducateurs et le Centre de services scolaire », mais que faites-vous des autres citoyens de Val-David, ils doivent tous adhérer aveuglément à votre idée? Pas sûr; c’est certain que mon approche est moins romantique que la vôtre, mais elle est plus rationnelle, et c’est cela qui doit prévaloir lorsque les enjeux sont majeurs pour TOUTE la population.

Lorsque vous dites que les responsables du projet confirment qu’il n’y a pas de plan B pour Val-David si l’école n’est pas construite sur ce terrain, là, vous donnez le coup de grâce à toute personne qui pouvait encore douter de votre conclusion. Je crois que vous manquez un peu de transparence, lors du dernier CA du CSSL j’ai pu me faire dire qu’il ne se mêlait pas de politique municipal, alors s’ils ont décidé que l’école serait à Val-David, ils n’ont pas le droit d’exiger le terrain de la Sapinière. Ils doivent prendre le terrain qu’on leur offre, s’il répond aux critères de grandeurs et de sécurités. S’ils vous ont fait croire le contraire en vous disant que l’école serait à Val-David seulement si vous leur donnez le terrain de la Sapinière, sinon ils iraient ailleurs, alors ils ont outrepassé leur droit et vous pouvez vous plaindre au Ministère de l’Éducation; je suis même prêt a vous aider au besoin.

Finalement, de grâce, arrêter de nous dire que la nouvelle école doit être près du coeur villageois, ce n’est pas un critère, c’est un rêve. Pensez-vous sérieusement remplir une école d’environ 600 places, plus ceux qui sont à l’école Saint-Jean-Baptiste avec des enfants de proximité qui vont pouvoir allés à l’école en mobilité active? N’oubliez pas qu’on parle ici d’enfants de 4 à 12 ans; il va y avoir beaucoup de circulation non active! Que l’école soit à un ou deux et même 4 ou 5 kilomètres du coeur villageois, il y aura toujours du transport scolaire (autobus ou parents). De plus, si l’école était plus loin, il risque d’y avoir plus de possibilités pour de futur développement domiciliaire pour accommoder les nouvelles familles qui voudraient profiter de cette merveilleuse école. On s’entend que si la nouvelle école est sur le site de la Sapinière, les nouveaux développements domiciliaires possibles pour les nouvelles familles qui voudraient être près de l’école, sont quasiment inexistant, à moins que vous ayez des visés du côté du Parc, qui sait!

Pour le rêve de l’école sur les terrains de la Sapinière, il faut sortir de l’émotionnel de Mme Poulin et entrer dans le rationnel de la population. Pour décider si on veut se le payer, c’est TOUTE la population qui doit se prononcer via un référendum.

En conclusion, tout ce processus malheureusement, a été biaisé dès le départ; un petit groupe a décidé que toute la population voulait l’école sur les terrains de la Sapinière. Mais la réalité les a rejoints, et maintenant, ils devraient regarder sérieusement un plan B s’ils veulent vraiment une nouvelle école à Val-David. Il y a plusieurs alternatives qui ont été proposées, mais repoussées du revers de la main sans volonté sérieuse de les analyser.

Le temps presse.  

Jean-François Julien citoyen de Val-David

Note: LE ZigZag a pour mission d’offrir, notamment, une plateforme aux citoyens pour s’exprimer. Dans son segment «LETTRE OUVERTE», LE ZigZag se dégage entièrement du contenu envoyé par ses lecteurs, mais leur laisse, démocratiquement, la parole.

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