Survivre psychologiquement au COVID-19

Il y a beaucoup à dire sur la façon de traverser la pandémie sans perdre la tête. Nombreux sont ceux qui se demandent si leurs réactions sont normales et s’il existe des stratégies efficaces pour traverser cette crise.  

Les réactions au stress

Les êtres humains sont dotés d’un système immunitaire pour se protéger des agressions physiques et d’un système de défense pour protéger leur intégrité psychologique. C’est l’amygdale, un noyau de neurones logé dans le cerveau limbique, qui en assume le rôle principal.

Les chercheurs supposent qu’au fil des millénaires, ce sont les individus les plus rapides à repérer les signaux de danger et les plus aptes à réagir adéquatement au péril qui ont survécu. Les autres ont été mangés par les lions ou écrabouillés par les mammouths laineux…   Cette capacité du cerveau, héritée de nos ancêtres, nous garde constamment en alerte et capables de réagir à la vitesse de l’éclair.

Même si les conditions de vie ont changé, ce réflexe d’extrême vigilance est demeuré enraciné dans les méandres de notre cerveau. L’amygdale balaie constamment l’environnement interne et externe à l’affût du danger. Dès qu’il perçoit une menace, il enclenche automatiquement un ensemble de réactions hormonales spécifiques : attaquer, se figer ou fuir.

Il est normal en période de pandémie d’avoir peur et d’avoir des réactions intenses. Le cerveau humain est programmé pour que ça se produise. Au début, du moins. Certains manifestent leur malaise par de l’agressivité soutenue à l’égard de tout ce qui bouge. 

D’autres sont figés sur place depuis l’annonce de la pandémie. Ils se gavent de nouvelles et se sentent impuissants à calmer leurs angoisses. Les pensées et les images horribles s’amoncellent dans leur imaginaire et les changent en statue de sel.

Et il y a tous les autres gringos d’ici ou d’ailleurs qui font comme s’il ne se passait rien. Ils crient à l’alarmisme, s’imaginent être à l’abri et organisent des mariages ou des dîners de cabane à sucre en dépit du gros bon sens. Ces derniers ont choisi la fuite en avant.

Ces réactions sont normales en début de crise. Chacun réagit à la peur d’une façon automatique. Ce qui n’est pas normal, c’est que ces réactions perdurent.

Sers-toi de ta tête

C’est ce que ma mère nous disait lorsqu’on posait des gestes insensés ou des questions bébêtes. Elle avait bien raison. Les humains possèdent effectivement un système visant à maîtriser les débordements du système limbique (cerveau émotionnel). C’est le cortex préfrontal moyen (CPFM).

Cette zone du cerveau est dotée de magnifiques pouvoirs. Le CPFM est le centre de contrôle du fonctionnement humain. Le CPFM nous permet de réfléchir, de voir les choses en perspective, d’être conscients de ce qui se passe en nous, d’être attentifs aux autres et d’éprouver de l’empathie à leur égard. Il favorise la maîtrise des émotions et la souplesse des réactions. C’est également le CPFM qui nous aide à calmer nos inquiétudes et à agir en fonction de nos valeurs.

Comment mobiliser son cortex préfrontal pour faire face à la crise de façon plus sereine?

  1. Se calmer le pompon.

C’est le temps de recourir aux méthodes secrètes qui aident à vous calmer, du moins celles qui sont encore à votre disposition compte tenu du confinement : activités physiques intenses, danse, yoga, méditation, relaxation, bain chaud, musique apaisante, silence, contact avec la nature, etc.

Recourez régulièrement à des moments de pause consacrés uniquement à vous apaiser.

Une simple sieste fera l’affaire. Reposez-vous quelques minutes dans une pièce à l’écart du bruit. Fermez les yeux et respirez doucement. Imaginez-vous être en un lieu que vous aimez beaucoup. Faites cela pendant 10 ou 15 minutes.

Si vous avez des enfants, invitez-les à se joindre à vous. Leurs réactions vous étonneront.

  • Passer à l’action!
  • Contrôlez ce qui est contrôlable et lâchez prise sur ce que vous ne pouvez pas changer.

Vérifiez si vous avez droit à des montants particuliers de la part de votre employeur ou des gouvernements. Faites les démarches nécessaires dès que possible. Examinez la possibilité de trouver un travail temporaire, et si le pain vient à manquer, n’hésitez pas à recourir aux banques alimentaires ou à tout autre service dont vous auriez besoin.   Les temps sont durs pour tout le monde. Il n’y a pas de honte à chercher de l’aide. Les besoins de base doivent être satisfaits si on veut éprouver un certain bien-être.

  • Organisez le quotidien en cherchant à respecter les besoins de tous. Faites un horaire que vous affichez au mur. Prévoyez un temps de travail, un temps amusant et un temps de repos pour chacun d’entre vous. Modifiez l’horaire au besoin. Et faites sauter l’horaire à l’occasion.   

3-     Se donner des objectifs stimulants

Faites en sorte d’utiliser au maximum cette période de pause unique dans nos vies. Le temps passe vite quand on le consacre à faire quelque chose que l’on valorise. Pour y arriver, vous avez intérêt à l’inscrire dans un horaire. Sinon on se laisse emporter par la vague et on néglige de faire ce qui nous stimulerait le plus. Les défis abondent, soyez créatifs.

4-     Prendre soin de son monde

Je termine avec l’élément le plus important de tous. Restez en contact avec vos proches. Prenez l’initiative de téléphoner à votre monde ou d’utiliser les applications qui permettent de se voir et d’échanger. Et aidez les autres dans la mesure de vos moyens.

  • Restez informés, mais ne faites pas de la crise le cœur de votre vie. 

Ça va bien aller.

Pour rester informé sur les activités et les publications de l’auteure, consultez : guylaineparent.ca ou son Facebook: guylaineparent psychologue conférencière.

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