Un grimpeur chute de 10 mètres à Val-David

Dans le monde de l’escalade, l’éthique fait parfois obstacle à la sécurité. 

Hier, 6 août 2019, un homme dans la fin quarantaine a subi d’importantes blessures dans le secteur de La Bleue du parc régional Val-David/Val-Morin après avoir chuté de 10 mètres. On ne craint pas pour sa vie pour le moment. 

Ce grimpeur qui pratique ce sport depuis plusieurs années, s’est aventuré dans la voie bien connue Samouraï. Cette voie d’escalade (ou tracé vertical) complètement sur protections naturelles nécessite que le premier de cordée installe au fur et à mesure de son ascension des appareils amovibles qui sont retirés une fois que la voie est grimpée. On retrouve au pied de cette voie plusieurs blocs semi-enfouis et un rocher plus ou moins plat qui est à découvert. Notre grimpeur est tombé sur le dos en plein sur ces rochers. Même si celui-ci avait du métier, TOUTES ses protections ont cédé (environ cinq au total) suite à sa chute dans le passage clef (la partie difficile). 

Les secours, dont des pompiers spécialisés en interventions en milieux périlleux, ont réussi à tirer la victime de sa fâcheuse position. Les manœuvres d’évacuation pour descendre la victime vers la route où l’attendait l’ambulance ont pris 1 h 30. Environ dix pompiers super bien formés et deux ambulanciers sont intervenus. Son compagnon de cordée, âgé de 27 ans, présentait un état de choc. Heureusement que des employés du parc, témoins de l’accident, étaient sur place à faire des travaux et ont pu engager les secours. L’intervention s’est mise en branle très rapidement. 

Plusieurs blessures 

L’homme a subi des blessures superficielles apparentes aux jambes et aux bras selon les premières constatations. Le grimpeur a eu la prudence de porter un casque ce qui a protégé sa tête. Malgré sa chute impressionnante, il était conscient tout au long des manœuvres de secours. Les premiers répondants et les ambulanciers ne pouvaient cependant préciser si sa vie était en danger. Conduit à l’hôpital régional de Saint-Jérôme pour y être soigné, nous ne savons toujours pas s’il a subi des blessures plus graves, mais inapparentes. 

Isabelle Courcy dans Samourï: Photo gracieuseté Luc Monod

Samouraï 

La voie Samouraï, connue de la plupart des grimpeurs d’expérience qui est d’un niveau de difficulté intéressant a été grimpée pour la première fois en septembre 1980. Seuls les grimpeurs s’étant déjà aventurés dans Samouraï et ceux avertis savent que celle-ci ne permet pas d’y placer des protections résistantes, souvent incapables de retenir une chute surtout pour un grimpeur corpulent. Le passage clef, requiert que l’on ne soit pas à la limite de ses capacités de grimpeur. Aussi, dans la partie difficile, le dernier coinceur qui protège d’une chute, est tout sauf solide. 

Samouraï a vu depuis sa création de nombreuses chutes au sol. Aujourd’hui, à cause de ce nouvel accident et avec la nouvelle équipe à la tête du parc, je crois que des mesures de protections permanentes seront envisagées. Ces ancrages permanents feront sûrement plaisir à tous ces grimpeurs qui ne se sont jamais risqué dans cette voie connue.  

Samouraï connue, certainement pas pour les bonnes raisons. 

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