Voyager sans acheter de bouteilles d’eau c’est possible!

Nous sommes tous d’accord pour dire que voyager en avion engendre une quantité importante de GES. Que le visionnement vidéo en continu sur Internet produit lui aussi beaucoup de GES, en fait 102 millions de tonnes de CO₂ par année.

Qu’en est-il des plastiques à usage unique (PUU) ? Ceux-ci produisent des GES autant par leur fabrication, leur distribution que suite à leur utilisation surtout quand nous en disposons. C’est pour cette raison qu’il n’existe actuellement aucunes données pouvant chiffrer la quantité d’émission de GES liée au PUU.

À la maison, dans notre région, l’eau du robinet est nettement supérieure à celle que l’on retrouve dans les robinets de plusieurs destinations voyage de par le monde. Ne pas utiliser de bouteilles de PUU chez nous n’est certainement pas un défi. Mais c’est tout le contraire quand on voyage.

Je partage ici avec vous mes méthodes alternatives aux achats de bouteilles d’eau en PUU lorsque je voyage.

De l’eau potable s.v.p.

Peu importe si on voyage sur un continent ou sur une île, la consommation d’eau potable reste un casse-tête pour tous les voyageurs soucieux de leur santé et de la réduction de leur empreinte écologique.

Dans bien des pays, afin de s’assurer d’obtenir de l’eau potable plus saine, des millions de personnes se tournent vers l’eau embouteillée.

Le portrait du cycle de fabrication de bouteilles d’eau en plastique n’est pas reluisant. Celui-ci nécessite des millions de barils de pétrole (énergie fossile) et son processus de fabrication libère environ 3 tonnes de dioxyde de carbone (CO2) chaque année pour une tonne de plastique. Le transport de caisses de bouteilles pollue aussi énormément car elles sont transportées par navires et camions à moteur diesel, consommant de grandes quantités de pétrole et émettant également une somme importante de CO2. Par ailleurs, un nombre incalculable de bouteilles en PUU, grosses et petites, finissent dans les dépotoirs ou à la mer. Cet état de choses est bien entendu néfaste pour l’environnement et l’ensemble des écosystèmes.

L’exemple de la Grèce

Dernièrement j’ai voyagé en Grèce avec mon mari pour y passer trois semaines sur l’île de Kalymnos. Cette île se trouve dans l’archipel du Dodécanèse qui lui est situé dans la mer Égée, et compte 16 800 habitants permanents. Elle reçoit environ 20 000 touristes par année. Et, comme dans la majorité des îles grecques, on n’y trouve aucun centre de tri pour la récupération des matières recyclables. Ce qui veut dire que toutes les nuits, les déchets et matières qui pourraient être recyclées, y compris les bouteilles d’eau en PUU, sont brûlés près de la ville principale Pothia. À toutes les nuits, l’île est sous un couvert de fumée toxique balayée par les vents.

Au travers l’exemple de Kalymnos, je vais tenter d’évaluer le nombre de bouteille d’eau de PUU qui transitent sur cette île et, bien entendu, calculer la quantité de bouteilles que nous n’avons pas achetées.

Donc, combien de bouteilles d’eau en PUU sont utilisées sur Kalymnos dans une année? Voilà une question à laquelle je peux répondre qu’avec peu de précision. Mais voici quand même mon calcul approximatif :

Cela pourrait ressembler à ceci : (16 800 habitants) X (1 bouteille (1,5 litre)/par jour) X (365 jours)

= 6 132 000 bouteilles/par année

 +

(20 000 voyageurs/par années) X (1 bouteille (1,5 litre)/par jour) X (21 jours (moyenne de vacances))

 =

420 000 bouteilles/par année

Pour un grand total de 6 552 000 de bouteilles/par an. On peut s’amuser (assez décourageant) à multiplier cette somme par le nombre d’îles que l’on retrouve en Grèce si l’on veut.

Ce résultat est conditionnel au fait que chaque individu ne consomme pas plus qu’une bouteille de 1,5 litre par jour ce qui n’est pas vraiment réaliste. Personnellement, quand je voyage pour faire des activités de plein air, je consomme environ 3 litres d’eau par jour sans compter l’eau pour cuisiner. On pourrait donc estimer, de manière conservatrice, qu’à Kalymnos le total de bouteilles d’eau annuel qui transite sur cette île est 6 762 000 donc presque 7 K par an.

Maintenant, calculons notre consommation d’eau pour deux adultes durant notre séjour sur Kalynmos : 3 litres d’eau à boire par jour pendant 21 jours pour un total de 63 litres ou 42 bouteilles de plastiques de 1,5 litre. Étant donné que j’ai voyagé avec mon conjoint, nous pouvons doubler ce total. Ceci nous donne 84 bouteilles d’eau de 1,5 litre en PUU qui aurait pu être achetées puis jetées durant notre séjour.

Ma méthode alternative

À Kalymnos, on retrouve sur le bord des routes principales, des stations de filtration d’eau potable comme celle que l’on aperçoit dans l’image de gauche. Ces stations sont gratuites et suffisamment nombreuses pour subvenir aux besoins de consommation des habitants et des voyageurs de l’île. C’est à ce genre de station que nous nous sommes approvisionnés. Pour ce faire, nous avons transporté par avion nos contenants réutilisables : 1 contenant de 20 litres et 2 autres de 1,5 litre, présentés ci-dessous. Il suffisait de les remplir au besoin. Nos bouteilles de 1,5 litre ont toutes deux été remplies avec de menus vêtements (bas, sous-vêtements), sans eau bien entendu, et apportées dans nos bagages à main. Quant au contenant comprimable de 20 litres, il était compressé et il accompagnait notre équipement d’escalade en soute à bagage. Cependant ce ne sont pas toutes les destinations qui offrent des installations comme celles que nous retrouvons à Kalymnos. Mais qu’à cela ne tienne, il existe sur le marché des petites pompes filtrantes et des bouteilles avec filtre qui sont facilement mobiles. Ces dernières peuvent filtrer de l’eau de robinet qui normalement ne pouvait pas être bue par des touristes comme nous. En voici quelques modèles:

En conclusion

Il est très possible de limiter notre consommation de bouteilles d’eau en PUU lors de nos voyages en s’organisant avant de partir. Grâce aux contenants et bouteilles d’eau réutilisables ainsi que des systèmes technologiques efficaces, il n’y a aucune raison de ne pas diminuer notre empreinte écologique lors de nos déplacements. Des solutions simples sont à portée de main pour minimiser notre trace, les essayer c’est les adopter!

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